Droit de la famille - «Les pères aussi ont droit à plus d’égalité»

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Droit de la famille«Les pères aussi ont droit à plus d’égalité»

Réagissant à la thématique du 1er août sur l’égalité homme femme, le Mouvement de la condition paternelle Vaud rappelle que les pères souhaitent davantage de gardes partagées.

par
Eric Felley
Seuls 10% des pères obtiennent actuellement une garde partagée lors d’un divorce en Suisse.

Seuls 10% des pères obtiennent actuellement une garde partagée lors d’un divorce en Suisse.

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La journée de ce 1er août 2021 a été largement associée aux 50 ans des droits civiques pour les femmes. Les propos tenus pas les conseillères fédérales Simonetta Sommaruga et Viola Amherd lors de cette journée font réagir le porte-parole du Mouvement de la condition paternelle Vaud, Julien Dura. Celui-ci estime que si les avancées de la cause féminine sont tout à fait légitimes, les hommes demeurent trop souvent victimes d’une discrimination lors d’un divorce avec des enfants: «Puisque ces conseillères fédérales parlent d’égalité, il est juste de leur rappeler que le droit actuel est encore bien loin de traiter les deux parents à égalité. Et ce au détriment des pères la plupart du temps».

Seulement 10% de gardes alternées en Suisse

«Si le 7 février 1971, les femmes ont obtenu le droit de vote, il y a 50 ans, l’autorité parentale conjointe pour les pères ne date que de 6 ans, soit le 1er juillet 2014», rappelle Julien Dura. Quant au modèle de la garde alternée, il constate qu’en Suisse, cette solution n’est encore que très peu retenue par les juges: «La garde alternée ne représente actuellement en Suisse que 10% des jugements, contre 25% en France, 30% en Espagne, 40% en Belgique et 70% en Suède. Est-ce que 90% des pères en Suisse ne voudraient-ils pas ou ne seraient pas capables d’une garde alternée? La réalité est que beaucoup en sont privés».

La garde alternée devrait être la règle

Le porte-parole du Mouvement pour la condition paternelle constate: «Le modèle traditionnel familial a de moins en moins cours. Les lois et pratiques doivent s’adapter aux nouvelles configurations familiales et modes de vie. La garde alternée est la meilleure formule. Elle devrait devenir la règle, tandis que la garde à l’un des deux parents devrait être l’exception justifiée. Pour y parvenir, il est important que la justice du droit du divorce revoie son concept du droit de la famille. .»

Pour Julien Dura, la situation peine à évoluer et maintient nombre de pères dans des situations pénibles: «Depuis le 1er janvier 2017, la nouvelle loi sur la contribution d’entretien met le parent non gardien encore plus dans un contexte de précarité. Bien entendu que le parent non gardien est le père dans la très grande majorité des cas».

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