Actualisé 10.04.2018 à 10:23

TaxesLes places pour les scooters bientôt payantes?

L’arrivée du stationnement payant en France pour les deux-roues motorisés pourrait bien relancer le débat en Suisse. Jusqu’ici, plusieurs projets ont avorté.

par
Pascale Bieri

Faut-il faire payer le parking pour les scooters? «Le Matin» vous a posé la question dans les rues de Lausanne.

Deux communes françaises proches de Paris – Vincennes et Charenton-le-Pont – viennent de franchir le pas. Désormais, il faudra payer pour stationner motos et scooters sur l’espace public. Au même titre qu’une voiture. La mesure, en vigueur depuis mardi dernier, a évidemment suscité une levée de boucliers de la part des motards. Mais la maire de Vincennes, Charlotte Libert-Albanel, n’entend pas faire marche arrière. Elle se contente d’expliquer que 800 places ont été aménagées pour ces deux-roues motorisés, de plus en plus nombreux, et qu’il semblait assez normal de les faire contribuer.

Une première en France qui pourrait être suivie par la Municipalité de Strasbourg. Et en Suisse, qu’en est-il? Plusieurs initiatives de ce type ont été lancées, ces dernières années. Notamment, à Genève, ou encore à Berne et à Bâle.

À Bâle, c’était d’ailleurs quasi fait: des horodateurs pour motos et scooters avaient été achetés, posés… quand, au dernier moment, une initiative populaire lancée par une alliance des jeunes partis bourgeois a tout fait capoter, fin 2015.

À Genève, un tollé populaire a également eu raison d’un projet qui se voulait expérimental, en 2016. Et qui consistait à faire passer à la caisse les conducteurs de ces deux-roues dans l’hypercentre de la ville. Toutefois, différents milieux sont convaincus que ce n’est que partie remise. Dans leur rang, Lisa Mazzone, conseillère nationale Verte (GE), et présidente de l’ATE-Genève, qui avait ardemment soutenu le projet, alors intégré dans un vaste compromis pour une mobilité cohérente et équilibrée, lorsqu’elle était députée au Grand Conseil.

«C’est une question de cohérence, assure-t-elle. Selon le principe du pollueur payeur, qui figure dans les Constitutions suisses et genevoises, on doit traiter sur un pied d’égalité les différents véhicules motorisés. De nombreuses personnes ont renoncé à la voiture pour le scooter ou la moto, pour aller plus vite et ne pas avoir à payer de parking. Mais, à l’arrivée, ces véhicules engendrent au moins autant de nuisances sur le plan du bruit et de la pollution. Il est injustifié qu’on les favorise. L’espace public est limité, il faut donc faire la différence entre une mobilité douce et durable, qu’on encourage, et les véhicules à moteur.»

François Baertschi, élu MCG au Grand Conseil genevois, qui avait combattu le projet de places payantes pour motos et scooters, reste un fervent opposant à une telle idée: «Il y a suffisamment de taxes pour ne pas en rajouter une. Par ailleurs, quoi qu’on en dise, les deux-roues contribuent à améliorer la fluidité du trafic. On a donc tout intérêt à les encourager en leur trouvant de l’espace de stationnement. Il suffit d’un peu d’imagination pour ça, d’autant qu’ils en occupent bien moins qu’une voiture.»

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