Actualisé

ConjonctureLes PME suisses vont bien, c'est elles qui le disent

Les PME suisses continuent de juger de manière favorable l'évolution de leurs affaires. Pas moins de 91% des firmes interrogées par Ernst & Young estiment que leur situation est bonne ou plutôt bonne.

Image d'illustration.

Image d'illustration.

Keystone

Les petites et moyennes entreprises (PME) suisses continuent de juger de manière favorable l'évolution de leurs affaires, même si le ralentissement conjoncturel pèse. Pas moins de 91% des firmes interrogées estiment que leur situation est bonne ou plutôt bonne. Il en va de même quant à leurs perspectives.

Pour le semestre en cours, un tiers des 700 responsables de PME sondés entre décembre 2012 et janvier 2013 escompte une amélioration des affaires, ressort-il du baromètre des PME 2013 publié mardi par Ernst & Young. Ils ne sont que 9% à attendre une détérioration. Ce résultat correspond peu ou prou à la précédente enquête menée en août passé.

En moyenne, les entreprises prévoient d'accroître leur chiffre d'affaires de 0,9% cette année par rapport à 2012. Reste que si les affaires demeurent bonnes, la faiblesse de la conjoncture en Europe, premier partenaire commercial de la Suisse, se fait sentir. Quelque 40% des sociétés déplorent désormais des pertes de chiffre d'affaires, contre 35% il y six mois.

Plus d'une PME sur cinq, soit 22%, estime que son existence pourrait s'en trouver menacée dans le cas où le marasme conjoncturel mondial devait perdurer. Illustration de cette évolution, la proportion des sociétés jugeant leur état actuel très solide s'est réduite à un tiers, contre 38% à fin août, atteignant son plus bas niveau depuis 2009.

Temps difficiles à venir

Dans ce contexte, le cabinet de conseil et d'audit comptable recommande aux PME de se préparer à des temps difficiles, notamment celles actives essentiellement à l'étranger. De plus, à moyen terme, les marchés traditionnels d'Europe ne devraient afficher qu'un très faible potentiel de croissance.

Mais Ernst & Young ne redoute guère un effondrement de la conjoncture en Suisse, au vu notamment de la forte demande intérieur. A moins de très grosses turbulences en Europe, nombre d'arguments plaident en faveur d'une évolution stable des PME.

Interrogée sur l'évolution conjoncturelle en Suisse, la majorité des PME (59%) attend une situation inchangée, alors que Ernst & Young recense à peu près autant d'optimistes (21%) que de pessimistes (20%). Mais 70% des sondés pensent que le pire de la crise de la dette reste encore à venir et 41 prévoient même un effondrement de l'union monétaire européenne.

Sans surprise, ces incertitudes conjoncturelles pèsent sur la planification des PME en matière d'embauches et d'investissements. Désormais, seules 16% des firmes escomptent accroître leur effectif, alors que cette part atteignait encore 24% à fin août. Celle des entreprises prévoyant des réductions est elle passée de 6 à 9% dans le même temps.

Embauche et investissements en baisse

Et les PME affichent de moindres dispositions à investir ces prochains mois, la proportion de celles escomptant réduire leurs investissements s'est accrue en six mois, de 6% à 11%. En parallèle, elles sont encore 22% (23% en aout 2012) à envisager de les consolider.

Interprétant ces derniers chiffres, Ernst & Young est d'avis que les entreprises vont en priorité réduire leurs coûts au lieu de se focaliser sur les investissements et l'embauche. Un phénomène qui reflète les prix élevés de l'énergie et des matières premières, lesquels accentuent la nécessité de rechercher des économies.

D'ailleurs, aux yeux des entreprises, les prix toujours élevés de l'énergie et des matières premières représentent le risque principal pesant sur l'évolution de la conjoncture en Suisse. Dans la situation actuelle de marché, il n'est pratiquement plus possible de répercuter ces tarifs sur les clients. Et les marges s'en trouvent dès lors réduites.

(ats)

Votre opinion