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SécuritéLes policiers filmeurs sont plébiscités

Les policiers lausannois et vaudois doivent-ils être équipés de caméras permettant de filmer leurs interventions? Le PLR vaudois est convaincu que oui.

par
Laurent Grabet
Yvain Genevay

Le député Mathieu Blanc vient d'ailleurs de déposer un postulat en ce sens au Grand Conseil. L'élu met en avant le succès de l'expérience lancée début 2013 dans les 49 zones de sécurité prioritaires que compte la France. Succès qui fait que ces minicaméras seront utilisées dans d'autres régions de l'Hexagone dès le mois prochain.

Policiers suisses sceptiques

Au départ, ces caméras avaient été accueillies avec méfiance par les policiers français. Aujourd'hui, ceux-ci concèdent pourtant que cette technologie onéreuse (environ 1000 fr. la caméra et le système de stockage associé) leur permet souvent d'apaiser les tensions. «Ces minicaméras ne sont pas un remède miracle anti-insécurité, mais c'est un outil de plus. Lequel met sur un pied d'égalité les agents et les personnes à qui ils ont affaire et qui, de plus en plus souvent, dégainent leur portable pour les filmer», argumente Mathieu Blanc. Pour lui, une caméra permettrait d'étayer la version officielle des faits ou même d'identifier des suspects, a posteriori lors de phénomènes de masse.

La vidéo est déjà utilisée dans notre pays lors de matches ou de manifestations à risque, mais seulement par quelques spécialistes clairement identifiés du Groupement romand de maintien de l'ordre. Elle joue un rôle préventif mais a aussi valeur de preuve devant la justice. Quelques cantons, tels le Tessin ou la Thurgovie, ont déjà testé la minicaméra, et la ville de Berne y réfléchit. Depuis avril, 500 policiers londoniens ont recours à ces appareils miniatures, alors qu'à New York certains agents sont carrément équipés de Google Glass. Ces différents outils de surveillance policière semblent donc bien partis pour se généraliser.

Max Hofmann, secrétaire général du Syndicat des policiers suisses, et son organisation voient cette technologie avec scepticisme. Mais ils se détermineront officiellement sur la question en novembre lors de leur assemblée annuelle. L'Alémanique met en avant que l'usage des minicaméras pose quantité de questions sans réponses: quels policiers en seraient équipés? Dans quel type d'interventions pourraient-ils les utiliser? Pendant quelle durée seraient stockées les images ainsi enregistrées? Qui pourrait les consulter et dans quels buts? «Je crains aussi que cet outil ne se retourne contre les fonctionnaires et ne soit utilisé par la hiérarchie comme un outil de surveillance et de sanction», conclut le syndicaliste, qui estime qu'il serait plus judicieux d'embaucher davantage de policiers avec cet argent.

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