Les porcheries helvétiques ne savent plus que faire de leurs cochons

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ConsommationLes porcheries helvétiques ne savent plus que faire de leurs cochons

La demande de viande de porc est insuffisante. 50’000 bêtes seraient de trop et les prix ont chuté. Un argument contre l’élevage intensif.

par
Eric Felley
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Les porcheries helvétiques ne savent plus que faire de leurs cochons. C’est le constat dressé hier par la RTS, qui a interrogé un éleveur d’Argovie, Peter Anderhub à Mury. Faute de demande sur le marché, les bêtes s’accumulent: «Il est toujours difficile de savoir quand nous pourrons sortir des bêtes et faire de la place», regrette-t-il.

Le président de Suisse porcs, Meinrad Pfister, a précisé que les années 2018 et 2020 avaient été bonnes pour les producteurs avec assez peu de porcs sur le marché et des prix corrects. En freinant le tourisme d’achat, la pandémie a également contribué à maintenir les prix: «Mais désormais, le tourisme d’achat est de retour, note-t-il, et cela s’ajoute à la surabondance de l’offre»

Une perte de 80 francs par bête

Selon les estimations avancées mardi, près de 50’000 porcs attendraient de passer à l’abattoir et le prix du kilo est tombé à 3 francs. Cela représente une perte d’environ 80 francs par animal, explique le site de Suisse porcs: «Une réduction de production pourtant nécessaire, n’est pas observée jusqu’ici. Actuellement, des mesures réglementaires concernant les exigences en matière de détention qui, comme par le passé, auraient entraîné un recul des effectifs de truies, ne sont pas envisagées».

Contre l’élevage intensif

Cette surabondance de porcs n’a pas échappé aux partisans de l’initiative contre l’élevage intensif soumise au vote le 25 septembre prochain. Le biologiste et président de Pro Natura Valais, Willy Geiger, y voit une raison supplémentaire pour voter oui.

Une volonté de réguler à l’avenir

Le marché du porc est libre et chaque éleveur détermine le nombre de bêtes qu’il entend produire. Mais cette situation pourrait changer. Le comité central de Suisse porcs a chargé un groupe de travail, qui s’est fixé pour objectif de «garantir à long terme une production conforme au marché».

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