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TémoignageLes premiers mots de Luca après l'agression

A la sortie du coma, en 2002, une caméra a filmé Luca Mongelli. Dès ses premiers mots, il désigne un agresseur humain et pas le chien «Rocky». Ce témoignage a été rejeté par les experts que la justice valaisanne avait mandatés. Le voici dans son intégralité.

par
Joël Cerruti

La vidéo exclusive.

Le 6 juin 2002, Luca Mongelli, 7 ans, émerge d'un coma de trois mois. Les médecins avaient averti la famille qui prévient à son tout le premier juge chargé de l'affaire, Yves Cottagnoud.

Car les premiers mots que Luca allait prononcer pouvaient se révéler capital pour l'enquête. Il fallait en garder, à tout prix, une trace filmée. «On s'est bien escrimé dix fois à demander au juge de poser un matériel. Nous n'avons reçu aucune réponse», témoigne le détective privé Fred Reichenbach. C'est donc de leur propre initiative qu'une caméra est posée. Son maniement est expliqué à tout le personnel hospitalier.

Quand Luca se met à parler, ce 6 juin 2002, sa maman Tina, son père Nicola et le Dr. Robert Corvaglia sont présents. Questionné par Tina, Luca évoque très vite «un monsieur grand qui m'a fait boire les fourmis». Le jeune garçon dit que «quelqu'un l'a mis» sur la neige. Il dit encore qu'il n'y a alors pas qu'une seule personne, «les autres s'en vont parce qu'ils ont peur d'aller en prison».

Qu'en dit la justice valaisanne?

«Les experts ont conclu que l'on ne pouvait malheureusement pas s'appuyer sur sa parole pour établir la vérité», résume le communiqué du ministère public du canton du Valais, envoyé ce jeudi 26 janvier à la presse. «Il était difficile de donner du crédit aux paroles d'un enfant qui sortait d'une mort cérébrale», ajoute, lors de la conférence de presse du 26 janvier, Nicolas Dubuis, procureur adjoint et second juge qui a instruit l'affaire Luca.

«Ce qui a l'air de dire que Luca n'a pas toute sa tête. Aujourd'hui, aveugle et tétraplégique, Luca étudie le grec et le latin avec de bonnes notes», rebondit Fred Reichenbach. L'entretien de Tina avec son fils aîné a également été jugé «induit», à savoir que les réponses étaient influencées, selon la justice valaisanne.

Les experts italiens qui, en décembre 2011, ont reçu les diverses pièces du dossier Luca, pensent le contraire. Ils le répéteront sans doute ce lundi devant les caméras de la RAI. L'émission «Vita in diretta» dédie une nouvelle édition à cette affaire. Entre-temps, la famille Mongelli, a une nouvelle fois demandé ce vendredi 27 janvier la récusation de Nicolas Dubuis, afin que ce dossier soit traité par un magistrat extérieur au canton du Valais.

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