Rapport du Giec - Les prévisions sur le climat provoquent une avalanche de réactions
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Rapport du GiecLes prévisions sur le climat provoquent une avalanche de réactions

Le rapport accablant des experts de l’ONU sur le réchauffement de la planète suscite des appels à la mobilisation dans le monde entier.

Les experts du Giec ont présenté lundi un rapport angoissant sur le réchauffement de la Terre. 

Les experts du Giec ont présenté lundi un rapport angoissant sur le réchauffement de la Terre.

AFP

Des dirigeants de la planète aux militants climat, le nouveau rapport «terrifiant» des experts climat de l’ONU provoquait lundi, une avalanche de réactions, entre espoirs de ralentir le désastre par des actions immédiates et appels à la mobilisation citoyenne pour maintenir la pression.

«Personne n’est en sécurité»

«Vous nous parlez depuis plus de 30 ans des dangers de laisser la planète se réchauffer. Le monde a écouté, mais n’a pas entendu. Le monde a écouté, mais n’a pas agi assez vigoureusement. Résultat: le problème que représente le changement climatique est là, maintenant. Personne n’est en sécurité. Et c’est de pire en pire de plus en plus vite», a déclaré Inger Andersen, patronne de l’ONU-Environnement.

«Ce rapport est dévastateur pour les pays les plus vulnérables au changement climatique comme les Maldives, parce qu’il confirme que nous sommes au bord de l’'extinction», a déclaré de son côté l'ancien président des Maldives, Mohamed Nasheed, au nom du Climate Vulnerable Forum qui représente un milliard de personnes de 48 pays.

«Le temps presse pour sauver la planète»

Le monde «ne peut plus retarder les mesures ambitieuses en matière climatique», après la publication du nouveau rapport choc des experts de l’ONU, a déclaré lundi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. «Ce moment nécessite que les dirigeants mondiaux, le secteur privé et les individus agissent ensemble avec urgence et fassent tout ce qui est nécessaire pour protéger notre planète et notre avenir au cours de cette décennie et au-delà», a-t-il estimé dans un communiqué.

«Ce n’est pas trop tard pour endiguer la tendance et empêcher un dérèglement incontrôlable du changement climatique, à condition d’agir résolument maintenant et tous ensemble», a insisté sur Twitter, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans. Le rapport «nous rappelle une fois de plus que le temps presse pour sauver la planète», a de son côté affirmé la ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze.

«Oublier le charbon»

«Nous savons ce qu’il faut faire pour limiter le réchauffement de la planète: reléguer aux oubliettes le charbon et passer à des sources d’énergies renouvelables, protéger la nature et financer le climat», a réagi le Premier ministre britannique, Boris Johnson, dont le pays accueillera en novembre la cruciale conférence climat de l’ONU COP26. Mais pour Saleemul Huq, directeur du Centre international du changement climatique et du développement basé au Bangladesh, la «bulle de promesses vides est sur le point d’exploser».

«C’est à nous d’être courageux et de prendre des décisions basées sur les preuves scientifiques», a plaidé de son côté la jeune militante Greta Thunberg. «Nous pouvons encore éviter les pires conséquences, mais pas si nous continuons comme aujourd’hui et pas sans traiter la crise comme une crise».

Haro sur les fossiles

Le rapport «doit sonner le glas du charbon et des énergies fossiles, avant qu’ils ne détruisent la planète», a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qualifiant les mises en garde du Giec d’ «alerte rouge pour l’humanité». «Les sonnettes d’alarme sont assourdissantes: les émissions de gaz à effet de serre créées par les énergies fossiles et la déforestation sont en train d'étouffer notre planète».

Réduire les émissions de gaz à effet de serre est un «défi immense» qui implique de «sortir en une décennie d’une civilisation fondée sur les énergies fossiles depuis plusieurs siècles», a noté de son côté, la ministre française de la Transition écologique, Barbara Pompili.

Mobilisation

«Les mêmes gouvernements qui ont ignoré l’Accord de Paris ne nous sauveront pas», a répondu le mouvement Extinction Rebellion. «Seule la résistance civile le peut», ont ajouté ces militants en appelant sur Twitter à les rejoindre. Tout comme les jeunes de Fridays for Future prêts à «se battre plus fort que jamais». Quant à Greenpeace, c’est à la justice que l’ONG prévoit d’apporter le rapport du Giec. «Chère industrie des énergies fossiles, nous vous retrouverons au tribunal».

Les Verts suisses réagissent aussi

« Le rapport du GIEC est sans détour: nous devons agir immédiatement pour prévenir au mieux les conséquences incontrôlables et dévastatrices de la crise climatique», ont réagi les Verts Suisses par la voix de la conseillère nationale genevoise Delphine Klopfenstein Broggini. «La Suisse doit tout mettre en œuvre pour que les objectifs climatiques des Accords de Paris soient atteints», estime le parti.

Delphine Klopfenstein Broggini rappelle que les Verts ont lancé de nouvelles propositions qui tiennent compte des critiques à l’encontre de la loi sur le CO2 rejetée dans les urnes en juin dernier. A l’avenir, les investissements dans la protection du climat doivent être soutenus grâce à des fonds de l’État et non plus grâce aux recettes issues de taxes incitatives, réclame-t-il. Le parti rappelle que le Conseil national a approuvé une initiative parlementaire visant à promouvoir plus fortement les énergies renouvelables. Grâce à elle, l’équivalent énergétique de trois centrales nucléaires pourra être remplacé par des énergies renouvelables, souligne le parti.

«Le GIEC confirme ce que les ministres des pays impactés me décrivent: des terres disparaissant sous les eaux et des incendies de forêt dévastateurs», a pour réagi Simonetta Sommaruga dans un tweet. La ministre de l’Environnement promis que, «Lors de la COP26, la Suisse s’engagera pour une protection du climat efficace à l’échelle mondiale».

(afp/cht/gma)

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