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RailLes privés menacent la sécurité des CFF

Les mécaniciens sont moins bien formés qu'avant.

par
Le Matin Dimanche
Les CFF ont déployé les gros moyens pour remettre sur les rails, après l'avoir sorti de La Venoge, la locomotive de 80 tonnes qui était conduite par un mécanicien de la société privée WRS.

Les CFF ont déployé les gros moyens pour remettre sur les rails, après l'avoir sorti de La Venoge, la locomotive de 80 tonnes qui était conduite par un mécanicien de la société privée WRS.

Jean-Bernard Sieber

Le 8 mars, un mécanicien manque un signal nain et finit sa course, avec sa locomotive de 80 tonnes, dans la rivière. L'homme n'est pas employé par les CFF, mais par Widmer Rail Services, une entreprise basée à Glaris et créée en 2007 par un dentiste. Sa société loue des mécaniciens aux CFF depuis la libéralisation du marché. Si, au début, ses employés étaient des anciens de l'ex-régie, la cadence imposée les a découragés.

Pour assumer ses mandats, WRS a été obligée de former elle-même d'anciens chômeurs venus d'autres horizons - des assurances par exemple dans le cas du mécanicien qui a fini dans la Venoge près de Cossonay (VD). Le procédé est parfaitement légal. Mais des employés des CFF notent que la formation ainsi dispensée correspond aux exigences minimales fixées par l'Office fédéral des transports, chargé de contrôler les sociétés privées, et qu'elle est notablement moins poussée que celle prodiguée en interne.

«Il avait une conduite hésitante, comme s'il n'avait pas l'habitude de la machine», relève l'un deux à propos du mécanicien responsable de l'accident. «On peut craindre que le seul appât du gain de ces sociétés qui n'ont pas de mission de service public nuise à la qualité de l'instruction, donc de la sécurité», estime un syndicaliste.

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