Inflation - Les prix flambent aux USA, la plus forte hausse en près de 13 ans
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InflationLes prix flambent aux USA, la plus forte hausse en près de 13 ans

Une hausse de la demande liée à la reprise et des difficultés d’approvisionnement mettent la pression sur le porte-monnaie des consommateurs américains.

En juin, les prix de l’essence et des voitures d’occasion aux États-Unis ont particulièrement augmenté sur un an, respectivement de 45,1% et 45,2%.

En juin, les prix de l’essence et des voitures d’occasion aux États-Unis ont particulièrement augmenté sur un an, respectivement de 45,1% et 45,2%.

AFP

Les prix ne cessent de grimper aux États-Unis, et ont connu en juin leur plus forte hausse en 13 ans, renforçant les inquiétudes sur le caractère durable de cette inflation alors que les consommateurs américains voient leur pouvoir d’achat s’éroder. Les yeux sont, plus que jamais, tournés vers la Banque centrale américaine (Fed): ses responsables continueront-ils à assurer que cette hausse des prix n’est que temporaire?

L’inflation s’est en effet accélérée en juin, pour atteindre +5,4% par rapport au mois de juin 2020, et + 0,9% par rapport au mois dernier, selon l’indice CPI publié mardi par le département du Travail. La reprise de la demande aux États-Unis et les difficultés mondiales d’approvisionnement tirent les prix à la hausse depuis plusieurs mois, mais ce nouveau bond est plus fort qu’attendu.

Comme en mai, les prix de l’essence et des voitures d’occasion ont particulièrement augmenté sur un an, respectivement de 45,1% et 45,2%. La demande reste très forte pour les voitures d’occasion, car les loueurs automobiles reconstituent leurs flottes après la pandémie, mais aussi à cause de la pénurie de semi-conducteurs qui ralentit la production de voitures neuves. En excluant les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, l’inflation dite sous-jacente connaît, elle, sa plus forte hausse en 30 ans (4,5%).

Alors que la Maison-Blanche table sur une hausse temporaire des prix, des élus républicains ont fait état de leur inquiétude. «Washington est hors de contrôle en termes de dépenses (…) et l’inflation suit cela», a fustigé le sénateur John Thune. Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, y voit même un retour à l’inflation galopante des années 80, et s’est soucié mardi de ce «gros problème»

Pas de spirale inflationniste

«Nous pensons qu’il s’agira du pic du taux d’inflation annuel car les effets de comparaison élevés s’atténueront au cours des prochains mois», commentent les économistes Kathy Bostjancic et Gregory Daco, d’Oxford Economics.

L’augmentation est, en effet, d’autant plus forte qu’il y a un an, les prix commençaient à peine à se redresser après avoir plongé à cause des premières mesures de confinement, créant un effet de comparaison très défavorable. Mais attention, alertent-ils, il faudra continuer à mettre la main au portefeuille, car la reprise économique maintiendra une demande élevée, et les goulets d’étranglements persisteront. Ils prévoient une inflation supérieure à 2% jusqu’en 2022.

De nombreux économistes pensent en effet que cette hausse des prix, bien que très forte, ne durera que quelques mois, et n’est pas annonciatrice d’une spirale inflationniste, comme ce fut le cas dans les années 70 et 80.

Le sujet a été abordé par les dirigeants des grandes banques américaines, plusieurs ayant publié mardi leurs résultats trimestriels. «Je pense que ce sera un peu pire que ce qu’anticipe la Fed. Je ne pense pas que ce soit seulement temporaire. Mais cela n’a pas d’importance si nous avons une très forte croissance», a ainsi observé Jamie Dimon, le patron de JPMorgan Chase, dans un communiqué. La robuste reprise économique attendue dans les mois à venir «va de pair avec une plus forte inflation», a également commenté le directeur financier de la banque, Jeremy Barnum.

Evoquant les risques de surchauffe de l’économie américaine, le PDG de Goldman Sachs, David Solomon, a souligné que «des commentaires récents de la Réserve fédérale indiquent que la Banque centrale regarde de près ce risque, soutenant l’opinion de nos économistes selon laquelle les pressions inflationnistes pourraient être transitoires et que tout risque qui en résulte pourrait être géré de manière adéquate».

Jerome Powell auditionné

«Pour les responsables de la Fed, le message sur (l’aspect) transitoire pourrait devenir plus difficile à tenir si la hausse des prix continue de surprendre, même s’ils reflètent des facteurs susceptibles d’être temporaires», souligne ainsi Rubeela Farooqi, cheffe économiste pour HFE.

Le président de la puissante Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, devrait être interrogé sur le sujet par les parlementaires américains, mercredi et jeudi lors de ses auditions semi-annuelles.

Les responsables de la Fed avaient reconnu, lors de leur dernière réunion monétaire, mi-juin, avoir été surpris par l’ampleur de la hausse des prix. Pour autant, ils martèlent, depuis des mois, qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Ils craignent aussi de compromettre le caractère durable de la reprise économique en resserrant trop tôt leur politique monétaire, et assurent qu’en dernier recours, ils ont des outils pour empêcher l’inflation de continuer à s’envoler. Un autre indice mesurant l’inflation, l’indice PCE, celui que suit la Fed, s’est accéléré en mai, grimpant à 3,9%, mais a, sur un mois, ralenti à + 0,4%.

(AFP)

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