Dérapage: Les pro-armes dégomment un ex-djihadiste valaisan
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DérapageLes pro-armes dégomment un ex-djihadiste valaisan

Un ancien djihadiste qui défend la loi sur les armes contre une tireuse sportive qui la combat... C'est un peu le monde à l'envers et l'argument ultime des opposants.

par
Eric Felley

Sur les réseaux sociaux, à l'instar du point de Godwin pour Hitler et les nazis, il devrait exister un équivalent pour trouver le moment où apparaît dans la discussion une comparaison impliquant les djihadistes. La campagne sur la loi sur les armes du 19 mai n'échapperait pas à cette règle...

«Liberissimi»

Les opposants à la loi ont créé une page sur Facebook, intitulée «Liberissimi Switzerland», qui renvoie à l'association ProTell aux commandes de la campagne du non. Cette page vient de publier un nouveau visuel, où le citoyen est appelé à choisir entre un djihadiste suisse qui a rejoint l'Etat islamiste, qui votera oui, et une tireuse sportive au passé irréprochable, qui votera non. Difficile à comprendre au premier abord.

Converti en 2013

Le djihadiste existe bel et bien. En 2014, la presse alémanique révélait qu'un Valaisan de 30 ans, membre du PS de Val d'Illiez, était sous le coup d'une enquête du Ministère public de la Confédération. Cette procédure avait été lancée à la suite de ses voyages au Proche-Orient, après s'être converti à l'Islam à la mosquée de Crissier (VD) en 2013. «Le Temps» et la «RTS» avait également évoqué cette enquête en avril 2014.

«Complètement fourvoyé»

Personnage à la vie assez mouvementée, notamment son engagement pour la cause palestinienne, l'homme avait reconnu s'être fourvoyé. En 2014, il avait déclaré à la RTS, avoir été «complètement endoctriné», exprimant ses regrets et assurant n'avoir pas combattu avec les djihadistes. Cela dit, sa page Facebook entre 2013 et 2014 était nourrie de liens avec des musulmans radicaux en Suisse, en France ou en Belgique. Mais, depuis les articles de 2014, sa page est propre et il se définit aujourd'hui comme: «Jeune homme, célibataire, fan de parapente, de photo, de voyages, ambulancier en formation, super ouvert!»

«J'ai été jugé sur mes actions»

Cinq ans plus tard, les internautes de la page «Liberissimi Switzerland» ont repéré qu'il s'était prononcé en faveur de la loi dans une discussion et ils ont fait resurgir son passé. C'est ainsi que sa photo est utilisée pour la campagne du non en se référant notamment à l'article du «Temps» de l'époque. Face au déferlement de violences verbales qui ont suivi la parution du visuel, le Valaisan dénonce ce procédé diffamatoire et leur répond: «Etre victime d'une secte ne fait pas de moi un partisan de cette dernière, contrairement à ce que vous laisser entendre. J'ai été jugé par un tribunal compétent qui m'a jugé sur mes actions, je ne dois pas subir votre bêtise et votre envie de me cracher dessus selon ce que vous pouvez vous imaginer que j'aurais fait.»

Pour le reste, il maintient sa position en faveur de la loi sur les armes: «On verra le résultat des urnes, ajoute-t-il, mais selon les derniers sondages, la majorité de la population souhaite aller dans ce sens.»

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