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Espion suisseLes propos de Didier Burkhalter fâchent le Blick

Le quotidien alémanique publie une lettre ouverte courroucée au chef du DFAE pour sa vision de l'affaire de l'espion suisse en Allemagne.

par
Christine Talos

Ce n'est pas tous les jours que le Blick écrit des lettres ouvertes aux conseillers fédéraux en place. C'est pourtant le cas ce mardi, puisque son rédacteur en chef prend la plume pour exprimer son mécontentement au chef du Département des affaires étrangères Didier Burkhalter. En cause: ses propos lundi sur le même journal au sujet de l'affaire Daniel M., l'espion suisse arrêté en Allemagne.

Interrogé par le Blick, le Neuchâtelois estimait lundi ainsi que cette affaire était une «vieille histoire» et qu'aujourd'hui, on vivait dans «un monde très différent». Il soulignait «qu'en 2017, il faut vivre en 2017 et oublier un peu ce qui s'est passé en 2014, 2012 ou 2011.» Selon lui, le Conseil fédéral avait été informé en 2011 et il n'y avait eu aucune faute dans la communication.

Des propos qui font bondir le Blick. Le journal exige ainsi que toute la lumière soit faite sur cette affaire d'espionnage présumé. Pour rappel, un homme de 54 ans a été arrêté le 28 avril dernier à Francfort et aurait été chargé par le Service de renseignement de la Confédération d'identifier les inspecteurs du fisc de Rhénanie du Nord-Westphalie qui oeuvreraient à recueillir des données sur des clients allemands de banques suisses.

«A quel point les secrets que pourrait dévoiler l'espion sont-ils explosifs? Qui exactement lui a confié ce mandat douteux? Pourquoi? Qui savait tout cela? Qui est responsable de ce dilettantisme?» demande ainsi le Blick à Didier Burkhalter. Et de l'apostropher: «oublier peut être dangereux. Et vous ne voudriez pas oublier l'année 2009, celle où vous avez été élu. »

Le quotidien critique vertement le ministre: vos paroles ne sont pas seulement étranges, elles sont aussi un affront! Envers l'espion qui a agi au nom de notre pays avec l'approbation du Conseil fédéral et qui se retrouve aujourd'hui en prison. Envers aussi les citoyens qui vous ont élu et pour qui votre demande est condescendante et insultante. Dans ce monde actuel «très différent», nous voulons des explications. Et pas qu'un peu, conclut le Blick.

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