«Route de la mort»: Les quatre victimes ont été éjectées
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«Route de la mort»Les quatre victimes ont été éjectées

Les passagers portugais, qui ont péri tôt dimanche matin sur la tristement célèbre RN79, n'étaient pas attachés. La procureure française confirme.

par
Evelyne Emeri
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Ces quatre décès sur la RN79 endeuillent de nouveau la communauté portugaise de Suisse romande, seulement neuf mois après les douze morts du minibus de l'horreur.

Ces quatre décès sur la RN79 endeuillent de nouveau la communauté portugaise de Suisse romande, seulement neuf mois après les douze morts du minibus de l'horreur.

PHILIPPE DESMAZES/AFP
Ces quatre décès sur la RN79 endeuillent de nouveau la communauté portugaise de Suisse romande, seulement neuf mois après les douze morts du minibus de l'horreur.

Ces quatre décès sur la RN79 endeuillent de nouveau la communauté portugaise de Suisse romande, seulement neuf mois après les douze morts du minibus de l'horreur.

DR
Ces quatre décès sur la RN79 endeuillent de nouveau la communauté portugaise de Suisse romande, seulement neuf mois après les douze morts du minibus de l'horreur.

Ces quatre décès sur la RN79 endeuillent de nouveau la communauté portugaise de Suisse romande, seulement neuf mois après les douze morts du minibus de l'horreur.

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«La route était très verglacée entre Paray-le-Monial et Mâcon (F). À la hauteur de Charolles (Saône-et-Loire), le bus a traversé la chaussée gauche, fait un tonneau, est passé par-dessus la rambarde, avant de s'immobiliser dans le talus par l'avant. Ce sont surtout les passagers installés à l'arrière ou projetés vers le fond qui ont été les plus malmenés.» Même si les investigations démarrent, la procureure de la République de Mâcon (F), Karine Malara, va déjà dans le détail: «L'autocar disposait de ceintures de sécurité. Les quatre voyageurs décédés n'étaient pas attachés. Ils ont été expulsés de l'habitacle par les vitres latérales arrière.»

Tronçon accidentogène

Le car du voyagiste portugais Rota Gravuras avait quitté Vila Nova de Foz Côa, au nord-est du Portugal, samedi soir, direction Romont (FR). À son bord, trente-deux Lusitaniens, venus au pays pour Noël, prêts à retrouver leurs pénates helvétiques. La sortie de route de dimanche matin vers 4 h 30 a eu lieu 65 km après Montbeugny (Allier) sur la RN79, baptisée «Route de la mort» pour sa dangerosité. Précisément sur le même tronçon accidentogène où douze Portugais résidant dans les cantons de Vaud et de Fribourg ont perdu la vie en mars 2016, alors qu'ils allaient rejoindre leur famille pour Pâques à bord d'un minibus illégalement aménagé pour le transport de personnes.

La carcasse du bus témoigne de la violence extrême du choc d'avant-hier. Les quatre passagers éjectés n'ont eu aucune chance: un couple de Genève de 58 et 59 ans; une maman de 33 ans vivant à Ursy (FR); et une femme de 58 ans, également installée dans la région fribourgeoise. Trois personnes sont encore en urgence vitale: l'époux de la mère de famille défunte, leur petit garçon de 2 ans ainsi qu'un troisième voyageur. Dix blessés en urgence relative sont toujours hospitalisés, tandis que les quinze plus chanceux ont pu regagner Romont, où habitent la plupart.

L'erreur humaine, suspect No 1

Sur les circonstances de ce nouveau drame, la procureure Karine Malara est également péremptoire: «Le chauffeur (ndlr: dont le beau-père a créé l'entreprise basée à Sebadelhe près de Vila Nova) roulait à la vitesse autorisée de 90 km/h. Une vitesse excessive compte tenu de la chaussée glissante. Les deux chauffeurs venaient de se passer le volant. Blessé, celui qui conduisait n'a pas encore pu être entendu. Son collègue s'était endormi, il n'a rien pu nous dire, il s'est réveillé au moment de la perte de maîtrise. Mais les temps de conduite semblent avoir été respectés. L'analyse des disques du chronotachygraphe devrait le confirmer. Les tests d'alcoolémie se sont révélés négatifs.»

Le créneau du transport par la route séduit toujours autant. Qui plus est en période de vacances scolaires lorsque les tarifs des billets d'avion explosent. Les intéressés peuvent en outre emporter davantage de bagages – et de cadeaux pour leurs proches – sans supplément. Tandis que les transporteurs, en empruntant les routes nationales et départementales, évitent les péages autoroutiers. Et peuvent ainsi «casser» les prix.

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