Diplomatie - Les réactions après l’élection d’Ebrahim Raïssi en Iran
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DiplomatieLes réactions après l’élection d’Ebrahim Raïssi en Iran

Ebrahim Raïssi a été proclamé samedi vainqueur, au premier tour de l’élection présidentielle en Iran, suscitant des réactions dans le monde entier.


L’ultraconservateur Ebrahim Raïssi a été proclamé samedi vainqueur, avec 61,95% des voix, au premier tour de l’élection présidentielle en Iran.


L’ultraconservateur Ebrahim Raïssi a été proclamé samedi vainqueur, avec 61,95% des voix, au premier tour de l’élection présidentielle en Iran.

AFP

Ebrahim Raïssi, chef de l’Autorité judiciaire âgé de 60 ans, s’est imposé largement au premier tour de l’élection présidentielle iranienne de vendredi face à trois candidats sur fond de mécontentement général face à la crise économique et sociale.

Il hérite d’un pays en proie à une grave crise économique, conséquence des sanctions imposées par Washington contre l’Iran après la décision de l’ancien président Donald Trump de dénoncer en 2018 l’accord international sur le nucléaire iranien, conclu en 2015 à Vienne.

Bien qu’issu d’un courant politique se caractérisant par l’antiaméricanisme et le rejet de l’Occident, Ebrahim Raïssi a rappelé pendant la campagne que la priorité était d’obtenir la levée de ces sanctions pour sortir le pays de l’ornière. Son élection ne devrait donc pas avoir d’effet sur les négociations en cours.

«Susciter une grave inquiétude»

Les États-Unis ont annoncé qu’ils continueraient à participer aux discussions sur le nucléaire iranien mais ont dit samedi regretter que les Iraniens n’aient pas pu participer à un «processus électoral libre et honnête». Dans une première réaction américaine, un porte-parole du département d’État a estimé que «les Iraniens ont été privés de leur droit à choisir leurs propres dirigeants à travers un processus électoral libre et honnête».

Du côté d’Israël, un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a estimé que l’élection d’Ebrahim Raïssi à la présidentielle «devrait susciter une grave inquiétude» dans le monde, tout en accusant cet ultraconservateur d’être «engagé en faveur du programme nucléaire militaire» iranien.

Ebrahim Raïssi est «engagé en faveur du programme nucléaire militaire iranien qui avance rapidement, son élection dévoile clairement les intentions nuisibles (…) de l’Iran, et devrait susciter une grave inquiétude au sein de la communauté internationale», a indiqué sur Twitter Lior Haiat. Il a également estimé que l’Iran avait élu «son président le plus extrémiste» depuis l’avènement de la République islamique en 1979.

Bachar al-Assad veut «travailler» avec Ebrahim Raïssi

Le président de la Russie Vladimir Poutine s’est dit ravi de cette élection, selon le Kremlin. «Les relations entre nos pays sont traditionnellement amicales et de bon voisinage. J’espère que vos activités à ce poste élevé contribueront au développement ultérieur d’une coopération bilatérale constructive dans divers domaines, ainsi que de notre partenariat dans les affaires internationales», a indiqué le président russe dans un télégramme à Ebrahim Raïssi. «Cela répond entièrement aux intérêts des peuples russe et iranien et va dans le sens d’un renforcement de la sécurité et de la stabilité régionales», a ajouté le chef de l’État russe.

En Syrie, Le président Bachar al-Assad a adressé «en son nom et au nom du peuple syrien, ses plus chaleureuses félicitations au président élu (…) lui souhaitant le succès dans ses nouvelles responsabilités et la poursuite de l’approche de la Révolution islamique dans la gestion du pays (…) face aux plans et pressions» externes, dans un télégramme publié sur le site de la présidence syrienne. Le président Assad a également exprimé son souhait «de travailler avec le président élu afin de renforcer les relations bilatérales fondées sur de longues décennies d’amitié (…) de compréhension mutuelle et d’intérêts communs».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a félicité Ebrahim Raïssi, faisant le vœu que sa victoire sera «bénéfique pour le peuple iranien». «La coopération entre nos deux peuples sera renforcée», a-t-il estimé, se disant prêt à travailler avec le président élu. Le mouvement islamiste palestinien Hamas, par la voix de son porte-parole Hazem Qaseem, a «félicité» l’Iran pour «le succès du processus démocratique» et la victoire d’Ebrahim Raïssi.

«Falsifications astronomiques»

La dirigeante du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), Mariam Radjavi, a déclaré que le «boycottage national» était le «plus grand coup politique et social» porté au système dirigé par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Interdit en Iran, le mouvement des Moudjahidine du Peuple (MEK) pense que le taux de participation réel était de 10% et que les autorités l’ont multiplié par cinq à la faveur de «falsifications astronomiques», selon le CNRI.

Les Iraniens ont fait preuve «d’unité et de solidarité» en «boycottant et en disant non au régime autoritaire en Iran», a écrit sur son compte Twitter Réza Pahlavi, fils du chah déchu Mohammad Réza Pahlavi et héritier du trône avant la révolution islamique de 1979.

Amnesty accuse

«Le fait qu’Ebrahim Raïssi ait accédé à la présidence au lieu de faire l’objet d’une enquête pour crimes contre l’humanité, meurtre, disparitions forcées et torture, est un rappel sinistre que l’impunité règne en maître en Iran», a de son côté accusé Amnesty dans un communiqué.

L’organisation de défense des droits humains a accusé Ebrahim Raïssi d’avoir été membre d’une «Commission de la mort» à l’origine selon elle des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires dans le secret de milliers d’opposants détenus lorsqu’il servait comme procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran en 1988.

(AFP)

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