07.08.2020 à 11:40

Explosions au LibanLes recherches de survivants se poursuivent à Beyrouth

Quatre corps ont été retrouvés dans le port de Beyrouth ce vendredi matin par les secouristes alors que l’aide internationale continue d’affluer dans la capitale libanaise.

Le récit du chaos à Beyrouth.

AFP

Des secouristes internationaux fouillaient vendredi les décombres du port de Beyrouth à la recherche de survivants, sous le regard angoissé de familles de victimes.

Cette déflagration d’une puissance inouïe, la plus dévastatrice vécue par le Liban, a alimenté la colère de la population, qui avait déclenché en octobre 2019 un vaste mouvement de protestation contre la classe dirigeante.

L’indignation est d’autant plus grande que le gouvernement s’est avéré incapable de justifier la présence du nitrate d’ammonium au port «sans mesures de précaution» de l’aveu même du Premier ministre.

Corps retrouvés

Près de l’épicentre de la déflagration, à proximité des silos géants de céréales détruits, les secouristes français, italiens, allemands et autres coordonnent leurs efforts.

Vendredi matin, quatre corps ont été retrouvés par les secouristes dans le port presque entièrement détruit par la déflagration mardi. Elle fait également plus de 5000 blessés, des dizaines de disparus et des centaines de milliers de sans-abri dans les quartiers dévastés proches, alimentant la colère de la population contre la classe politique, accusée d’incompétence et de corruption.

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L’armée libanaise a annoncé samedi avoir recensé 85'744 «unités» endommagées, dont des maisons, des hôpitaux et des écoles, après l'explosion au port. (Samedi 19 septembre 2020)

L’armée libanaise a annoncé samedi avoir recensé 85'744 «unités» endommagées, dont des maisons, des hôpitaux et des écoles, après l'explosion au port. (Samedi 19 septembre 2020)

AFP
Des secouristes fouillent les débris d'un immeuble effondré après avoir reçu des signaux qu'un survivant pourrait se trouver sous les décombres. (Samedi 5 septembre 2020)

Des secouristes fouillent les débris d'un immeuble effondré après avoir reçu des signaux qu'un survivant pourrait se trouver sous les décombres. (Samedi 5 septembre 2020)

KEYSTONE
Emmanuel Macron s'est rendu à bord de deux navires français arrivés à Beyrouth avec des milliers de tonnes d'aide d'urgence. (Mardi 1 septembre 2020)

Emmanuel Macron s'est rendu à bord de deux navires français arrivés à Beyrouth avec des milliers de tonnes d'aide d'urgence. (Mardi 1 septembre 2020)

Keystone

L’aide internationale afflue à Beyrouth, où le président français, Emmanuel Macron, s’est rendu jeudi, réclamant une enquête internationale sur cette explosion provoquée selon les autorités par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées depuis six ans 2700 tonnes de nitrate d’ammonium, une substance chimique hautement inflammable.

Emmanuel Macron a rencontré les responsables libanais, des hommes politiques, parmi lesquels des membres du Hezbollah, et des représentants de la société civile. Il a appelé à un «profond changement» de la part des dirigeants, annonçant qu’il réunirait «dans les tout prochains jours» une conférence d’aide pour le Liban, en plein naufrage économique depuis plusieurs mois.

Elan de solidarité

Dans une capitale aux airs d’apocalypse, alors que les autorités n’ont mis en place aucun dispositif pour aider les citoyens, des centaines de Libanais se sont mobilisés, dans un vaste élan de solidarité, pour poursuivre les opérations de déblaiement ou l’accueil des sans-abri.

Les explosions à Beyrouth ont provoqué d’importants dégâts sur des centaines de mètres.

Plusieurs pays parmi lesquels la France ont pour leur part dépêché du matériel médical et sanitaire ainsi que des hôpitaux de campagne. La Suisse a pour sa part envoyé jeudi une équipe d’experts. L'Union européenne a débloqué 33 millions d'euros en urgence et l’armée américaine a envoyé trois cargaisons d’eau, de nourriture et de médicaments.

Des aides de l’Iran, des Émirats arabes unis et de l'Arabie saoudite étaient attendues vendredi. Dans l’immense cité sportive de Beyrouth, la Russie a installé un hôpital de campagne, dressant une vingtaine de tentes médicales où les premiers patients ont commencé à arriver, les hôpitaux de la capitale étant saturés.

Fonctionnaires arrêtés

Jeudi soir, les forces de l’ordre ont eu recours aux gaz lacrymogènes dans le centre-ville pour disperser des dizaines de manifestants enragés par l’incompétence et la corruption des autorités. Des appels circulent sur les réseaux sociaux pour une manifestation anti-gouvernementale samedi, sous le thème «Pendez-les».

Les autorités libanaises affirment que l’entrepôt a explosé après un incendie. Autorités du port, services des douanes et certains services de sécurité étaient tous au courant que des matières chimiques dangereuses y étaient entreposées mais ils se sont rejeté mutuellement la responsabilité.

Outre le nitrate d’ammonium, le procureur militaire a évoqué la présence de «matériaux hautement inflammables et des mèches lentes» selon un communiqué. Seize fonctionnaires du port et des autorités douanières ont été arrêtés et placés en détention dans le cadre de l’enquête.

Vidéoconférence des donateurs dimanche

Les institutions européennes participeront à une conférence des donateurs organisée dimanche par la France pour mobiliser une aide humanitaire d’urgence pour la population de Beyrouth après les deux explosions qui ont ravagé la ville, a annoncé vendredi la Commission européenne.

La Commission européenne sera représentée par le commissaire chargé de l’aide humanitaire Janez Lenarcic. Le président du Conseil européen Charles Michel représentera les États membres. Il se rendra samedi à Beyrouth.

«Nous travaillons sur une estimation des besoins humanitaires et nous avons besoin du maximum d’informations possibles», a déclaré le porte-parole de l’exécutif bruxellois Eric Mamer.

«Nous sommes dans une phase d’urgence. Il ne s’agit pas d’une conférence pour la reconstruction. Elle interviendra dans une phase ultérieure», a-t-il insisté. «Il faudra assurer que les fonds qui seront mis à disposition soient gérés de la manière la plus efficace possible», a-t-il souligné.

«Les institutions européennes insistent sur la nécessité d’entreprendre les réformes qui sont attendues par la population», a pour sa part déclaré le porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

(ATS/NXP)

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