Football: Les regrets de Sylvio Bernasconi

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FootballLes regrets de Sylvio Bernasconi

L'ancien président de Neuchâtel Xamax est revenu dans «Le Matin Dimanche» sur la vente du club à Bulat Chagaev en 2011.

par
Tim Guillemin
L'homme d'affaires neuchâtelois estime que l'ensemble de la transaction est «allée vite».

L'homme d'affaires neuchâtelois estime que l'ensemble de la transaction est «allée vite».

Keystone

«Le Matin Dimanche» est entré en contact avec Sylvio Bernasconi la semaine dernière, dans le cadre d'un dossier sur la manière dont des personnes peu recommandables approchent les clubs suisses. Evidemment, l'exemple de Bulat Chagaev à Neuchâtel Xamax vient tout de suite à l'esprit et il nous semblait important de connaître l'avis de l'homme qui lui a cédé le club en 2011. Sylvio Bernasconi, après avoir hésité un peu, a fini par accepter de nous le donner. Et exprimé ses regrets.

C'est peu dire cependant que l'entrpreneur n'était pas enchanté de notre coup de téléphone. «Il n'y a rien d'autre à dire dans les médias en 2017? Vous voulez vraiment encore parler de ce monsieur?» Oui. On y tient. Parce que Bulat Chagaev, six ans après son arrivée fracassante à Neuchâtel, est encore un mystère. Tiens, d'ailleurs, comment les deux hommes étaient-ils entrés en contact en 2011, n'ayant apparemment rien en commun? «Paolo Urfer, qui était mon directeur sportif, m'a présenté Andreï Rudakov, lequel était mandaté par Bulat Chagaev. C'est là que nous avons fait connaissance», détaille l'ancien président de NE Xamax.

«J'ai vendu au premier venu»

Ne s'est-il pas douté que le Tchétchène n'était pas la personne idéale pour présider un club aussi populaire et ancré dans le football suisse? «La vérité, c'est que je n'ai pas pris le temps de me renseigner. Il faut remettre les choses dans leur contexte. À l'époque, le canton de Neuchâtel nous causait beaucoup de soucis, notamment par l'intermédiaire du conseiller d'État Jean Studer. Les relations n'étaient pas bonnes. Je n'en pouvais plus. Alors, j'ai vendu au premier venu», continue Sylvio Bernasconi.

Le «premier venu» fut donc Bulat Chagaev et sa veste en daim. «Quelle impression il m'a faite à l'époque? Je n'en sais rien. C'est allé vite. Tout ce que je sais, c'est que Chagaev a rempli les conditions pour racheter le club. Alors, bien sûr, c'est facile de dire aujourd'hui que j'aurais dû me renseigner. Si c'était à refaire, je ne vendrais pas à Chagaev, vu ce qui s'est passé après.»

«J'ai compris un peu tard qui était vraiment ce monsieur»

De nombreux Neuchâtelois lui en ont voulu d'avoir lâché le club au fossoyeur tchétchène, et l'ont exprimé avec une certaine agressivité. En une soirée, le temps d'une seule rencontre à Genève, Neuchâtel Xamax avait changé de mains. Pour le pire. Quelques mois après, Sylvio Bernasconi a assisté de l'extérieur aux dérives quotidiennes, puis à la faillite de l'institution. «J'ai compris un peu tard qui était vraiment ce monsieur», regrette-t-il aujourd'hui. Reparti en 2e ligue interrégionale, Xamax a fusionné avec Serrières et est remonté jusqu'en deuxième division.

«Bien sûr que ça me rend triste. Mais on ne peut rien y changer. On peut reparler du passé, me replonger dedans comme vous le faites aujourd'hui, mais ça ne changera rien à l'affaire», lâche l'entrepreneur neuchâtelois, la voix un peu tendue, avant de mettre un terme à la conversation.

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