Sommet - Les remontrances des Européens sur le Brexit plombent le G7

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SommetLes remontrances des Européens sur le Brexit plombent le G7

Les échanges ont tourné samedi, lors du sommet en Grande-Bretagne au dialogue de sourds concernant le respect par Londres des engagements post-Brexit en Irlande du Nord.

Les accusations lancées par l’UE et Ursula von der Layen contre le Premier ministre Boris Johnson sur le respect de sa parole font de l’ombre au sommet du G7.

Les accusations lancées par l’UE et Ursula von der Layen contre le Premier ministre Boris Johnson sur le respect de sa parole font de l’ombre au sommet du G7.

AFP

Le Brexit fissure l’unité affichée par les dirigeants des grandes puissances du G7: les échanges ont viré à l’aigre samedi entre Européens et Britanniques, opposés par de profondes divergences sur l’Irlande du Nord. Face aux remontrances de l’Union européenne, qui l’accuse de manquer à sa parole sur ses engagements post-Brexit dans la province britannique, le Premier ministre Boris Johnson a répondu par la menace, tout en se disant désireux de trouver un terrain d’entente.

Si ses anciens partenaires refusent de faire preuve de souplesse, il n’hésitera pas à passer outre certaines dispositions du protocole nord-irlandais en invoquant son article 16, qui l’y autorise en cas de «graves difficultés économiques, sociétales ou environnementales», a expliqué le chef de gouvernement conservateur sur Sky News. Cette passe d’armes fait de l’ombre au sommet du G7, dans le sud-ouest de l’Angleterre, où les dirigeants des pays riches veulent montrer un front uni attaché au multilatéralisme.

Solution pragmatique

Au cœur du différend entre Londres et l’UE se trouvent les dispositions commerciales spécifiques à l’Irlande du Nord prévoyant des contrôles sur certains échanges entre la Grande-Bretagne et la province britannique, de l’autre côté de la mer d’Irlande, afin d’éviter qu’ils aient lieu entre la province et la république au sud. Au point, selon Londres, de compromettre l’approvisionnement des Nord-Irlandais, en saucisses anglaises notamment, et de menacer l’intégrité et la souveraineté du Royaume-Uni.

Après une rencontre samedi avec Boris Johnson en marge du sommet, le président français Emmanuel Macron s’est dit «prêt» à relancer les relations franco-britanniques, a indiqué l’Élysée, à condition que «les Britanniques respectent la parole donnée aux Européens et le cadre défini par les accords Brexit». «Les deux côtés doivent appliquer ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord. L’unité de l’UE à ce sujet est totale», ont abondé sur Twitter Ursula von der Leyen et Charles Michel, les dirigeants de la Commission et du Conseil européens. La chancelière allemande Angela Merkel a semblé vouloir calmer le jeu, plaidant pour «une solution pragmatique».

Les mesures adoptées pour l’Irlande du Nord sont censées «préserver» la paix dans la province en évitant le retour d’une frontière dure avec la république d’Irlande voisine, membre de l’UE. Mais depuis le Brexit, ce dossier empoisonne les relations entre les deux parties. En maintenant de fait le territoire dans l’union douanière et le marché unique européens, et en perturbant les approvisionnements, ces mesures sont aussi une source de tensions dans la province britannique. Elles ont même provoqué de violents heurts début avril, que certains craignent de voir se répéter lors des marches traditionnellement organisées en juillet par les unionistes orangistes.

Trop puriste

Londres accuse Bruxelles d’adopter une «approche trop puriste» sur l’application des dispositions douanières. Face à ces tentatives d’assouplir les règles unilatéralement, l’UE a signifié qu’elle n’hésiterait pas à prendre des mesures de rétorsion, comme des droits de douane ciblés. Ces derniers jours, les crispations se sont cristallisées sur les importations de viande réfrigérée, qualifiées par la presse britannique de «guerre de la saucisse», à l’approche fin juin de l’arrivée à échéance d’une période de grâce pour les contrôles.

En marge du G7, Boris Johnson a appelé les Européens à faire preuve «de pragmatisme et de compromis», selon Downing Street. Il s’est dit favorable à la recherche de «solutions pratiques» dans le cadre du protocole afin de «minimiser» son impact sur la vie quotidienne des Nord-Irlandais, tout en préservant l’accord de paix du Vendredi-Saint. Celui-ci a été conclu en 1998 pour mettre fin à trois décennies de violences sanglantes entre partisans (unionistes) et opposants (républicains) au maintien dans la couronne britannique.

Des discussions se sont tenues à Londres mercredi encore, sans avancée. Le porte-parole de Boris Johnson avait indiqué à demi-mot vendredi que Londres n’excluait pas d’étendre unilatéralement la période de grâce, comme le gouvernement l’avait déjà fait au printemps pour les importations agroalimentaires, irritant les Européens qui ont déclenché une procédure d’infraction.

Fier de ses racines irlandaises, le président américain Joe Biden a également réaffirmé son attachement au protocole, garant, selon lui, de la paix.

Des milliers de manifestants exhortent le G7 à agir pour le climat

Masqués ou revêtus de rouge, des milliers de militants écologistes se sont rassemblés pour une manifestation bruyante et colorée samedi en Cornouailles, dans le sud-ouest de l’Angleterre, afin d’exhorter les dirigeants du G7 à plus d’efforts contre le changement climatique.

À grand renfort de tambours, une marche, organisée par le groupe Extinction Rebellion, a traversé la ville portuaire de Falmouth, située à 35 km du lieu du sommet international organisé à Carbis Bay, mais qui accueille le centre de presse.

Des dizaines de personnes entièrement vêtues de rouge, pour représenter l’accélération du rythme d’extinction des espèces, ont mené le cortège à travers Falmouth, derrière une large bannière où on pouvait lire «G pour Greenwashing».

De leur côté, portant des masques figurant les dirigeants mondiaux et vêtus de maillots de bain d’un autre siècle, des militants d’Oxfam, une ONG qui lutte contre la pauvreté, se sont prélassés sur les chaises longues d’une plage de Falmouth, pour moquer l’inaction de ces responsables devant le climat.

Le G7 doit discuter dimanche de la lutte contre le changement climatique et de la sauvegarde de la biodiversité, préparant ainsi le terrain pour la conférence internationale sur le climat COP26, qui se tiendra à Glasgow (Écosse) en novembre.

(AFP)

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