10.04.2013 à 18:58

BanqueLes rémunérations des dirigeants de Julius Baer rejetées

Les actionnaires de Julius Baer, réunis mercredi en assemblée générale à Zurich, ont refusé à une large majorité le rapport sur les rémunérations dans le cadre d'un vote consultatif.

Le patron du groupe, Boris Collardi, a gagné au total 6,7 millions, contre 5,9 millions un an auparavant. La part fixe du salaire du Vaudois s'est chiffrée à 0,9 million, le reste revenant aux divers bonus.

Le patron du groupe, Boris Collardi, a gagné au total 6,7 millions, contre 5,9 millions un an auparavant. La part fixe du salaire du Vaudois s'est chiffrée à 0,9 million, le reste revenant aux divers bonus.

Keystone

Face à ce désaveu, le second en Suisse après celui opposé au rapport sur les rémunérations 2011 de Weatherford, le conseil d'administration entend prendre des «mesures appropriées» afin de s'assurer d'un verdict favorable lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires, a indiqué mercredi Julius Baer. Ces derniers ont refusé le document à une large majorité de 63,9% des voix représentées.

Avec une participation de 10,02%, MFS Investment représente le plus important actionnaire de Julius Baer, le deuxième étant Davis Selected Advisers, avec 8,46%. L'établissement zurichois est contrôlé à hauteur de 40% par des instituts financiers américains.

Les fondations Ethos et Actares, ainsi que les sociétés de conseils aux investisseurs ISS et zCapital, notamment, avaient recommandé de rejeter le rapport sur les rémunérations. Dans ce dernier document, Julius Baer indique avoir versé une enveloppe salariale globale de 15,2 millions de francs à la direction au titre de l'exercice 2012, contre 13 millions un an auparavant.

Part variable excessive

Ces 15,2 millions de francs comprennent un bonus de 1,95 million versé au titre des progrès réalisés dans l'intégration des activités de gestion de fortune hors Etats-Unis et Japon de Merrill Lynch acquises l'an passé. Le patron du groupe, Boris Collardi, a gagné au total 6,7 millions, contre 5,9 millions un an auparavant. La part fixe du salaire du Vaudois s'est chiffrée à 0,9 million, le reste revenant aux divers bonus.

Interrogé, Dominique Biedermann a expliqué la recommandation de rejet par le fait que le rapport sur les rémunérations ne correspondait pas aux critères fixés en matière de transparence, de structure et de montants. Selon le directeur de la Fondation Ethos, le document ne fournit par exemple pas suffisamment d'explications quant au lien entre salaire et performance.

De plus, la rémunération du patron de Julius Baer est trop élevée au regard de la taille et de la performance de l'établissement, selon Dominique Biedermann. Celui-ci met aussi en exergue la part excessive de la rémunération variable de Boris Collardi, laquelle a constitué 81% du total.

A titre de comparaison, le patron de Credit Suisse, Brady Dougan, a gagné l'an passé 7,8 millions de francs, et Sergio Ermotti, son homologue d'UBS 8,9 millions. Le patron de la Banque cantonale de Zurich, Martin Scholl a lui empoché 1,7 million de francs et celui de Raiffeisen, Pierin Vincenz, 1,9 million.

Bénéfice ajusté en baisse

Certes, Julius Baer a fortement accru sa rentabilité l'an passé, avec un bénéfice net en hausse de 15% par rapport à 2011 à 298 millions de francs. Mais en tenant compte du versement en 2011 de 65 millions de francs au titre de l'accord fiscal conclu avec les autorités allemandes, le résultat net ajusté des charges de restructurations et d'intégration ainsi que des amortissements liés aux acquisitions et cessions a fléchi de 4,2%.

Intervenant un peu plus d'un mois après l'acceptation par le peuple suisse de l'initiative de Thomas Minder contre les rémunérations abusives, le refus s'explique aussi par le fait que la banque zurichoise organisait pour la première fois ce vote consultatif appelé «say on pay» par les anglo-saxons. Les autres objets soumis au vote des actionnaires ont en revanche tous passé la rampe.

Le rapport annuel a ainsi été accepté à une majorité de 99,89% des voix représentées. Les administrateurs Daniel Sauter, président du conseil d'administration, Claire Giraut, Gilbert Achermann, Andreas Amschwand, Leonhard Fischer et Gareth Penny ont tous été réélus pour un mandat d'une année.

(ats)

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