États-Unis: Les républicains de Géorgie restent mobilisés pour le Sénat
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États-UnisLes républicains de Géorgie restent mobilisés pour le Sénat

S’ils sont convaincus que Donald Trump a gagné la présidentielle, les républicains de l’État de Géorgie souhaitent que leur camp garde la majorité au Sénat mardi.

Paul Coffey et Cammie Slaughter dans leur boutique de Géorgie, le 4 janvier 2020.

Paul Coffey et Cammie Slaughter dans leur boutique de Géorgie, le 4 janvier 2020.

AFP

Assis à son établi au fond de la boutique où il répare des objets en cuir et vend chapeaux de cowboys et drapeaux confédérés, Paul Coffey, 84 ans, croit fermement que Donald Trump a remporté la Géorgie, malgré le résultat officiel.

Mais même s’il croit qu’il y a eu fraude, pas question pour autant, comme beaucoup de républicains ici à Dalton, où le président américain donne un grand meeting dans la soirée, de ne pas voter pour son parti à la double élection sénatoriale décisive de mardi.

«Je pense qu’il a gagné la Géorgie. Si ça avait été fait légalement… Je crois que beaucoup de gens sont venus d’ailleurs pour voter en Géorgie», dit cet aimable ancien contrôleur aérien. Pas de ton revendicatif, juste les faits… ou plutôt ceux rabâchés par Donald Trump. Mais «il est important de voter» pour les sénateurs républicains, insiste-t-il.

Fief conservateur

«Il faut bien essayer», renchérit Cammie Slaughter, 38 ans, mère au foyer qui aime venir aider Paul Coffey dans sa boutique de la grand-rue de Dalton, une petite ville proprette. Elle aussi a déjà voté -- républicain --, explique-t-elle en perçant des lanières en cuir dans cet atelier situé non loin d’une distillerie en briques rouges, témoin que le Tennessee voisin n’est pas loin.

Située dans le nord-ouest rural de la Géorgie, la région est un fief conservateur. Pour Paul Coffey et Cammie Slaughter, l’enjeu est trop grand: le contrôle du Sénat américain et avec lui, l’équilibre du pouvoir à Washington une fois que le démocrate Joe Biden aura succédé à Donald Trump, le 20 janvier.

Deux sénateurs républicains jouent leurs sièges mardi: Kelly Loeffler et David Perdue. Les démocrates Raphael Warnock et Jon Ossoff espèrent les battre et ainsi faire basculer le Sénat dans le giron de leur parti.

Joe Biden et Donald Trump viennent en personne faire campagne en Géorgie lundi pour mobiliser leurs électeurs. Mais les accusations, infondées, de fraude électorale que martèle le milliardaire républicain pourrait décourager certains électeurs de voter et ainsi participer à ce même système qu’il qualifie d’«illégitime». Un risque pour les républicains dans un scrutin qui s’annonce très serré.

«J’ai beaucoup entendu cela et j’encourage les gens à y aller, c’est très important» de voter même en cas de fraude, car cela pourrait permettre de la «révéler plus tard», explique Connie Stephens, venue en famille écouter Kelly Loeffler dans la petite ville de Cartersville, une heure au sud de Dalton en direction d’Atlanta, la capitale de l’État.

Trump «a gagné»

«Je suis venue pour soutenir le parti républicain, à cause de toute la fraude électorale (…) et pour tenir les démocrates hors» du Sénat, confie cette femme souriante de 53 ans. Elle votera en personne mardi. Pas question de faire confiance au système de vote anticipé.

Les autorités républicaines de la Géorgie ont publié les résultats donnant Joe Biden vainqueur. Ces bulletins ont été comptés, recomptés, les recours du camp Trump ont été rejetés un à un par les tribunaux. Mais pour de nombreux partisans de Donald Trump, pas de doute: ce sont ces responsables républicains qui sont «corrompus», explique Kimberly Hauri, venue d’Atlanta voir Donald Trump à Dalton. «La fraude est évidente, il y a des torrents d’indices», affirme-t-elle en s’approchant du petit aéroport où a lieu le meeting, le dernier de la présidence Trump. «Et ce sont les dirigeants corrompus de la Géorgie qui sont à l’origine du problème».

Elle aussi est convaincue que Donald Trump a remporté le scrutin en Géorgie et l’élection présidentielle. Mais malgré le risque de «fraude», elle votera de nouveau mardi, comme à chaque fois depuis ses 18 ans, pour les sénateurs républicains. «Parce que je crois en la liberté, et je ne crois pas au socialisme», explique cette comptable de 50 ans, un badge argenté Trump sur le pull.

L’enregistrement de Donald Trump qui fait scandale à Washington? Elle dit ne pas avoir eu l’occasion de l’entendre. Et que ressent-elle à l’idée que le magnat de l’immobilier quitte la Maison-Blanche le 20 janvier? «Vous savez quoi, je pense qu’il ne devrait pas le faire. Il a gagné.»

(AFP)

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