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Etats-UnisLes républicains présentent un plan sur la dette

Les républicains du Congrès américain ont proposé jeudi de repousser de plusieurs semaines l'échéance pour voter un relèvement du plafond de la dette. Cette solution temporaire permettrait d'éviter un défaut de paiement.

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Le Sénat américain a trouvé un accord de sortie de crise. (16 octobre 2013)

Le Sénat américain a trouvé un accord de sortie de crise. (16 octobre 2013)

Reuters
A quelques jours du défaut de paiement, les sénateurs tentent de trouver une issue à la paralysie budgétaire. (13 octobre 2013)

A quelques jours du défaut de paiement, les sénateurs tentent de trouver une issue à la paralysie budgétaire. (13 octobre 2013)

Reuters
La tension monte aux Etats-Unis. Paralysé par la crise budgétaire, le pays risque le défaut de paiement. (12 octobre 2013)

La tension monte aux Etats-Unis. Paralysé par la crise budgétaire, le pays risque le défaut de paiement. (12 octobre 2013)

Reuters

Ce pas en avant des républicains, pour trouver une solution à la crise, permettrait d'éviter un défaut de paiement, mais ne résoudrait pas durablement l'impasse budgétaire.

Le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a annoncé qu'un vote serait organisé prochainement pour relever la limite légale de la dette de façon «temporaire» en échange de l'ouverture de négociations sur le budget et d'une réforme des programmes sociaux, comme le système de retraite.

Le porte-parole de Barack Obama a expliqué que le président réservait son jugement sur cette proposition en attendant de l'avoir vue, même s'il «promulguerait sans doute» un relèvement à court terme. Il a en revanche répété qu'il refusait de céder aux demandes de «rançon» de ses adversaires.

«Le président est heureux que la situation se calme, ou semble se calmer à la Chambre, et qu'au moins il paraisse que le défaut de paiement n'est pas sur la table», a ajouté Jay Carney lors de son point de presse quotidien.

Barack Obama «pense toutefois qu'il serait bien mieux pour le Congrès (...) de relever le plafond de la dette pour une longue période», a-t-il ajouté.

Concessions sur l'Obamacare?

Le porte-parole a souligné que Barack Obama voulait aussi parvenir à une solution dans l'autre volet de la crise, la paralysie partielle de l'Etat fédéral faute de budget depuis 10 jours. «Nous disons depuis le début qu'ils devraient rouvrir les services de l'Etat et relever le plafond de la dette. Ils devraient faire les deux», a-t-il insisté.

Avant une réunion prévue en milieu d'après-midi avec le président Obama, il était toutefois difficile de savoir si les républicains accepteraient une réouverture des administrations fédérales fermées depuis le 1er octobre sans exiger des concessions de la part de la Maison-Blanche.

Ces concessions concerneraient surtout le dossier de l'«Obamacare», la loi sur l'assurance maladie qui constitue le principal point de blocage des républicains depuis le début de cette crise.

Barack Obama devait rencontrer successivement dans la journée les chefs de file républicains de la Chambre, les sénateurs démocrates, puis les sénateurs républicains.

Changement d'attitude

L'offre de relèvement, momentané, du plafond de la dette marque néanmoins un changement d'attitude important des parlementaires républicains.

En prolongeant jusqu'au début décembre l'autorisation d'emprunt du Trésor, indispensable pour assurer le fonctionnement de l'Etat fédéral, le Congrès écarterait la menace d'un défaut de paiement imminent, qui affecterait directement l'économie en général et la plupart des Américains en particulier.

«Il est temps que ces négociations et ce débat commencent», a déclaré le président républicain de la Chambre John Boehner à des journalistes, après avoir présenté le nouveau projet aux élus de son parti.

Wall Street soulagé

De nombreux républicains n'ont pas caché leur scepticisme sur le projet que leur a présenté John Boehner lors d'une réunion à huis-clos, mais le soulagement était perceptible à Wall Street, où la perspective d'un compromis permettait à l'indice Dow Jones de gagner 1,6% vers 18h25 (suisses).

Le Trésor américain assure qu'il ne sera plus en mesure d'honorer la signature de l'Etat fédéral si le Congrès ne relève pas le plafond de la dette, fixé pour l'instant à 16'700 milliards de dollars, avant le 17 octobre.

Le camp républicain réfute cet argument, estimant que le Trésor pourrait assurer le service de la dette en gelant d'autres dépenses. Une hypothèse rejetée sans appel jeudi par le secrétaire au Trésor Jack Lew, pour qui «ce serait le chaos». Il estime en outre que les Etats-Unis sont confrontés à une crise politique «montée de toutes pièces».

Les démocrates du Congrès plaident eux pour un relèvement du plafond de la dette pour une durée supérieure à un an.

Réaction de la Chine

La Chine souhaite que les Etats-Unis règlent le problème de leur dette publique «aussi vite que possible» afin de ne pas faire «obstacle» à la reprise économique, a indiqué jeudi le gouverneur adjoint de la Banque centrale chinoise.

Les élus américains «doivent avoir la sagesse de régler ce problème aussi vite que possible», a indiqué Gang Yi lors d'une conférence de presse à Washington, assurant surveiller la situation «de très près».

(ats/afp)

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