01.03.2012 à 15:00

AccidentsLes retours au travail les lundis coûtent cher

Reprendre le travail un lundi après une période de congé suite à un accident est coûteux pour l'employeur, affirme jeudi la Suva dans une étude. Les employés perçoivent ainsi trois indemnités journalières de plus.

La Suva demande aux employés de se manifester lorsque leur état s’améliore plus tôt que prévu.

La Suva demande aux employés de se manifester lorsque leur état s’améliore plus tôt que prévu.

Keystone

Deux tiers des employés victimes d’accidents reprennent le travail un lundi. Ils perçoivent ainsi trois indemnités journalières de plus que s’ils revenaient le vendredi, ce qui alourdit les dépenses à charge des assurés. La Suva veut sensibiliser patients, médecins et employeurs à l’»effet du lundi».

L’assureur de droit public a mené une étude sur 165’000 cas d’accidents en 2008, dans lesquels les victimes étaient dans l’incapacité partielle ou complète de travailler. Les personnes concernées ont touché des indemnités journalières de 133 francs en moyenne, indique la Suva jeudi.

Selon l’étude, les hommes contribuent le plus fortement à l’»effet du lundi». Le phénomène s’accentue avec l’âge. Il s’atténue en revanche lors d’incapacités de travail de longue durée. Dans ces cas, la reprise du travail est de plus en plus fixée au début du mois.

Responsabilité partagée

Patients, médecins, employeurs, tous les acteurs du congé en cas d’accident contribuent à l’»effet du lundi», constate la Suva. Dans de nombreux cas, la durée de l’incapacité de travail ne peut être évaluée que de manière grossière. Conséquence, la retour de la personne accidentée est fixée au lundi.

Une autre raison de l’effet du lundi est liée à la planification hebdomadaire de nombreuses entreprises. Dans ces cas-là, le retour d’un employé en pleine semaine exige davantage de flexibilité de la part de l’employeur et des équipes de travail.

Selon la Suva, la reprise du travail en cours de semaine a aussi ses avantages: l’employé peut reprendre en douceur, sans avoir à travailler d’emblée durant une semaine complète. Cela facilite sa réintégration.

Revenir au moment opportun

La Suva demande en outre aux employés de se manifester lorsque leur état s’améliore plus tôt que prévu. «Notre objectif est que les victimes d’accidents reprennent le travail au moment le plus opportun. Ni trop tôt, pour éviter les rechutes, ni trop tard, pour éviter des dépenses inutiles.» La diminution des coûts permet aussi de diminuer les primes d’assurance, écrit l’établissement.

L’assureur prévoit désormais de sensibiliser les médecins qui établissent un nombre élevés de certificats fixant la reprise du travail un lundi. Il entend aussi rendre attentives les entreprises aux conséquences financières de l’«effet du lundi».

(ats)

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