06.04.2015 à 08:36

Salaires des managersLes revenus des grands patrons n'ont pas augmenté en 2014

Les rémunérations des chefs des plus grandes entreprises suisses cotées à la Bourse ont stagné en 2014. Mais, dans beaucoup de firmes, les actionnaires doivent encore approuver les montants perçus, en raison de l'initiative Minder.

Le patron de Novartis, Joseph Jimenez. (Photo d'illustration)

Le patron de Novartis, Joseph Jimenez. (Photo d'illustration)

Keystone

Le directeur général (CEO) de Transocean, Steven Newman, a perçu 14,2 millions de francs l'année passée, indique le rapport annuel de la firme américaine active dans l'exploitation pétrolière et domiciliée à Zoug. Cela fait de lui le «top manager» le mieux payé des sociétés cotées à la Bourse suisse en 2014.

Le patron de Novartis, Joseph Jimenez, arrive en seconde position avec une rémunération de 12,6 millions de francs. Severin Schwan, à la tête du groupe pharmaceutique rhénan Roche, et Sergio Ermotti, directeur général du numéro un bancaire helvétique UBS, occupent la troisième et quatrième positions. Ils ont gagné respectivement 11,9 et 11,2 millions de francs.

Moins élevé qu'en 2010

Mais l'argent perçu n'est plus aussi exorbitant qu'il y a cinq ans. En 2010, Brady Dougan, alors chef de Credit Suisse, avait reçu 70 millions. En 2014, il a dû se contenter de 9,7 millions.

Depuis 2012, les bonus et les salaires n'ont cependant pas connu une chute spectaculaire. Une analyse de l'ats le prouve.

Les quatre patrons les mieux payés ont obtenu des rémunérations entre 11 et 14 millions, ces trois dernières années. Et les responsables des 30 plus grandes sociétés cotées à la Bourse se sont vus octroyer en moyenne 6,4 millions de francs, l'année passée.

Pas d'énorme progrès

En 2014, la rémunération de 18 patrons, parmi les firmes considérées par l'ats, a pris l'ascenseur. Pour cinq d'entre eux, l'augmentation dépasse un million. Quelque 8 chefs d'entreprise ont vu leurs avoirs diminuer mais pas de manière drastique.

La situation est à peu près identique pour les membres des directions des grandes firmes. Exceptés les salaires perçus par les directeurs généraux (CEO), aucun grand progrès n'a été effectué.

Les mieux lotis dans les instances dirigeantes sont les individus actifs dans le secteur bancaire. A l'UBS, ils ont reçu en moyenne 7,6 millions de francs et au Credit Suisse 7,3 millions de francs.

Plus de transparence

Les plus hauts salaires ont augmenté légèrement car la croissance des cours des actions se reflète dans les bonus, explique Michael Otte de la société spécialisée dans les services aux actionnaires ZRating.

Pour lui, l'initiative Minder acceptée par le peuple en 2013 étend maintenant pleinement ses effets. «Le temps des bonus à 70 millions de francs est révolu», affirme-t-il. Les rapports de rémunération sont devenus plus transparents et moins complexes. Il y a aussi moins d'options pour les managers.

En outre, certaines sociétés ont introduit une limite supérieure d'argent versé, souligne Michael Otte. De ce fait, les bonus ne peuvent pas augmenter de manière illimitée. A UBS, par exemple, ils ne peuvent pas être cinq fois supérieurs au salaire de base. La limite supérieure pour Sergio Ermotti, avec son salaire de base de 2,5 millions de francs, aurait ainsi pu atteindre 12,5 millions de francs, précise-t-il.

Train en marche

Les actionnaires ont pris maintenant le train de la limitation des salaires, poursuit Michael Otte. Depuis cette année, ils votent sur les rémunérations des conseils d'administration et des directions. «Et les actionnaires sont au clair quant à leurs obligations», martèle M. Otte. Il table cependant sur une résistance plus forte dans la branche financière.

Novartis a au contraire déjà laissé voter, à l'avance, ses actionnaires sur le budget consacré à la rémunération du conseil d'administration et de la direction. Et ceux-ci ont approuvé la proposition avec plus de 90%.

Mais l'exemple de Julius Baer montre que la situation change aussi dans le domaine financier. A l'assemblée générale de 2013, près de deux tiers des actionnaires ont refusé le rapport de rémunération. Si le vote n'était que consultatif, la banque a tout de même décidé d'en tenir compte et a baissé la rémunération de son patron Boris Collardi de 800'000 francs à 5,9 millions de francs. En 2014, elle a aussi baissé puisqu'elle a atteint près de 5,7 millions de francs.

En raison de l'initiative Minder, nous avons adapté les règles relatives aux rétributions, écrit le rapport de rémunération de Julius Baer. De ce fait, le montant perçu par Boris Collardi en 2014 n'est pas tout à fait comparable à celui reçu en 2013.

Classement des patrons les mieux payés

Les chiffres tirés de ce comparatif sont issus des rapports annuels des sociétés cotées au SLI. Les salaires accordés en euros ou en dollars ont été recalculés en francs au moyen du cours de change de la fin de l'exercice écoulé.

En francs 1 Transocean Steven L. Newman 14'167'398 2 Novartis Joseph Jimenez 12'648'490 3 Roche Severin Schwan 11'985'408 4 UBS Sergio Ermotti 11'163'347 5 Richemont* Bernard Fornas 9'751'939 6 Credit Suisse Brady W. Dougan 9'700'000 7 Nestlé Paul Bulcke 9'322'521 8 Adecco Patrick De Maeseneire 7'945'500 9 ABB Ulrich Spiesshofer 7'578'823 10 Swatch Nick Hayek 7'457'045 11 Zurich Martin Senn 7'200'000 12 Syngenta Michael Mack 7'155'191 13 Dufry Julián Díaz González 6'945'000 14 Actelion Jean-Paul Clozel 6'866'429 15 Swiss Re Michael M. Liès 6'328'000 *Richemont ne conclut pas son exercice à la fin décembre 2014. En conséquence, la valeur de l'année précédente a été utilisée.

Classement des plus hauts salaires des directions d'entreprise

Les chiffres tirés de ce comparatif sont issus des rapports annuels des sociétés cotées au SLI. Salaires et bonus des directeurs (CEO) n'ont pas été pris en considération.

1 UBS 7'655'353 2 Credit Suisse 7'329'438 3 Roche 6'922'063 4 Novartis 5'300'620 5 Richemont* 4'046'377* 6 Zurich 3'735'565 7 Transocean 3'479'654 8 Swiss Re 3'401'625 9 ABB 3'112'088 10 Nestlé 2'709'230 11 Swiss Life 2'671'241 12 Givaudan 2'618'652 13 Clariant 2'577'138 14 Syngenta 2'410'613 15 Adecco 2'274'276 *Richemont ne conclut pas son exercice à la fin décembre 2014. En conséquence, la valeur de l'année précédente a été utilisée.

(ats)

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