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Nouvelles technologiesLes risques de la géolocalisation inquiètent les experts

Les données de localisation à travers l'utilisation de GPS, smartphones, caméras digitales ou cartes électroniques concernent toujours plus notre quotidien. Pour les chercheurs de TA-SWISS, l'existence de risques de déviance nécessite un réveil politique.

«Nous risquons de perdre notre libre choix», lance Lorenz Hilty, professeur à l'Université de Zurich et l'EMPA de St-Gall,

«Nous risquons de perdre notre libre choix», lance Lorenz Hilty, professeur à l'Université de Zurich et l'EMPA de St-Gall,

Keystone

«Votre opérateur de téléphonie sait que vous vous trouvez ici ce matin et aussi comment et avec qui vous êtes venus», a relevé mardi Alain Buogo, responsable de la géoinformation à l'Office fédéral de topographie, lors d'une conférence de presse à Berne. «À votre départ, il transmettra vos déplacements à la société gérant le système GPS de votre véhicule pour vous tenir informés en temps réel du trafic.»

Sergio Bellucci, directeur de TA-SWISS, le centre d'évaluation des choix technologiques, a conscience des risques liés aux données de localisation. «Les informations fournies par les nouvelles technologies suscitent bon nombre de controverse, notamment chez ceux qui soupçonnent une utilisation à des fins de marketing ou de surveillance.»

Surveillance de personnes ou de biens

La localisation devient un créneau toujours plus utilisé par toutes sortes d'activités et de services importants.

«Comme le déploiement d'équipes d'urgences, la surveillance de personnes ou de biens, celle de la circulation routière ou encore la gestion de situations de crise», énumère Lorenz Hilty, professeur à l'Université de Zurich et l'EMPA de St-Gall et chef de projet de l'étude de TA-SWISS sur les risques de perte de contrôle.

Ces données ont leurs avantages pratiques. Mais pour les chercheurs de TA-SWISS, l'existence de risques de déviance nécessite un réveil politique.

Certains appareils possèdent déjà un dispositif de localisation sans que leurs utilisateurs n'en soient avertis. «Nous risquons de perdre notre libre choix comme notre contrôle sur ces données», poursuit Lorenz Hilty.

Mesures de protection

«Pour éviter cela et assurer plus de transparence, il faudrait mettre au point des mesures de protection des données au niveau international ainsi que des possibilités de sanction pour les utilisations abusives», ajoute-t-il. «Le droit à l'oubli de chacun devrait être aussi pris en compte et des certifications pour les produits Software sans risque devraient être encouragées.»

TA-SWISS recommande également d'intégrer les systèmes de localisation au «Programme suisse pour la protection des infrastructures critiques» étant donné que de nombreux secteurs étatiques tirent parti de ces technologies.

De même, le centre de recherche suggère d'améliorer les compétences des médias électroniques pour mieux sensibiliser les jeunes sur les conséquences de la mise en ligne de leur profil de déplacements et lieux de séjour.

Et en Europe ?

«La Suisse ne doit pas faire figure d'îlot au coeur d'une Europe qui prend des mesures», souligne Bruno Baeriswyl, préposé bernois à la protection des données.

Depuis 2012, l'Union européenne a procédé à plusieurs clarifications concernant les informations de localisation, notamment au niveau du droit à l'oubli et des sanctions contre les abus.

«S'il convient d'être vigilant en matière de protection des données personnelles, il faudrait toutefois éviter que les restrictions à mettre en place nous amène à en perdre tous les bénéfices actuels et futurs», reprend Alain Buogo. La solution: trouver un moyen de poser des garde-fous afin de jouir du potentiel des nouvelles technologies sans en subir les effets pervers.

(ATS)

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