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SantéLes Romands sont plus dépressifs que les Alémaniques

Un véritable Röstigraben existe en matière de santé mentale, selon une enquête de la Confédération. Tessinois et Romands sont quasi deux fois plus nombreux à dire leur mal-être que les Alémaniques. Enquête.

par
Raphaël Leroy
La carte de l’Enquête suisse sur la santé datant de 2012 rappelle étrangement celle d’une votation.

La carte de l’Enquête suisse sur la santé datant de 2012 rappelle étrangement celle d’une votation.

Florian Gaertner

C’est un constat qui balaie tous les clichés véhiculés dans notre pays. Les Romands, ces Grecs de la Suisse qui aiment tant se laisser vivre, souffrent davantage des symptômes de la dépression que leurs rigoureux voisins alémaniques. C’est ce qui ressort de l’Enquête suisse sur la santé (ESS) la plus récente. Avec le Tessin, ils sont près de 9% de la population à avouer pâtir de ce mal répandu (voir encadré). Outre-Sarine, ce chiffre reste scotché à 5,5%. Chez les femmes, le contraste est encore plus flagrant (10,9% contre 5,7%). Ces rapports du quasi-simple au double interpellent. Pourquoi existe-t-il un tel Röstigraben en matière de santé mentale? Aucune étude ne répond à cette question alors que l’enquête date de 2012. Même l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) avoue ne pas pouvoir «donner les raisons précises de la différence observée». Notre enquête montre pourtant qu’il existe plusieurs facteurs explicatifs.

L'urbanisation

Plus on vit dans des villes, plus on trouve de gens souffrant de symptômes dépressifs. Solitude, anonymat, stress: le cocktail peut vite devenir explosif. Les chiffres de l’ESS l’attestent: près de 7% des habitants urbains se disent déprimés contre 5,4% des résidents ruraux. Or, avec Genève, Lausanne, Lugano, La Chaux-de-Fonds, Vernier, Yverdon, Fribourg, Bellinzone, Neuchâtel, Sion, Delémont ou encore Nyon et Montreux, la Suisse latine «compte proportionnellement plus d’agglomérations que la Suisse alémanique», souligne le Pr Martin Preisig, médecin-chef du Centre d’épidémiologie psychiatrique et de psychopathologie du CHUV, à Lausanne.

Pour en savoir plus, consultez le site du Matin Dimanche, www.lematindimanche.ch, sur votre ordinateur personnel, votre tablette ou votre smartphone. L’application Le Matin Dimanche est toujours disponible sur iPad.

La dépression, c'est quoi ?

La dépression est le résultat d’une combinaison de prédispositions personnelles (génétique, infantile) et de facteurs de stress. Elle touche un Suisse sur cinq au cours de sa vie et jusqu’à 300 millions d’individus à travers le globe, dont une majorité de femmes. Ce trouble est la première cause d’incapacité dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Les premiers symptômes d’une dépression sont une humeur sombre en toutes circonstances, une perte d’intérêt et de plaisir dans ses activités, ainsi qu’un manque inhabituel d’énergie. Le tout pendant au moins deux semaines. Les épisodes dépressifs durent généralement entre six et douze mois. Ils peuvent se répéter et varier en intensité.

La maladie altère gravement les activités du quotidien, les relations sociales et de travail. À un degré sévère, elle peut conduire au suicide.

C’est pourquoi il est primordial de consulter rapidement. La psychothérapie, la luminothérapie ou la prise de médicaments sont autant de remèdes à ce mal.

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