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Elections présidentiellesLes Roumains élisent leur président

Les Roumains se pressaient aux urnes dimanche pour élire leur président lors d'un scrutin où seule une forte mobilisation des jeunes et des expatriés pourrait ravir la victoire au premier ministre, Victor Ponta.

Forte mobilisation des Roumains pour élire leur nouveau président.

Forte mobilisation des Roumains pour élire leur nouveau président.

AFP

Trois heures après l'ouverture du second tour de l'élection présidentielle en Roumanie, 8,5% des électeurs inscrits avaient voté, contre 6,5% à la même heure au premier tour.

La mobilisation est particulièrement forte à l'étranger, où des queues s'étalant sur des kilomètres se sont formées devant les ambassades et les consulats, notamment à Paris, Londres et Turin.

Ancien procureur âgé de 42 ans, critiqué pour son double langage sur les valeurs démocratiques, Victor Ponta est crédité de 54% des intentions de vote, selon les sondages.

Son challenger est Klaus Iohannis, 55 ans, maire de la ville médiévale de Sibiu (centre) issu de la minorité allemande.

Selon les analystes, le clé de ce second tour est la mobilisation. «Si les électeurs des grandes villes, qui sont plutôt favorables à l'opposition, se mobilisent, Iohannis a une chance», a indiqué Cristian Ghinea, directeur du Centre roumain pour des politiques européennes.

Mobilisation sur les réseaux sociaux

Le vote de la diaspora, forte d'environ trois millions de personnes, mais dont 160.000 seulement ont pu exprimer leurs suffrages au premier tour en raison du nombre insuffisant de bureaux de vote, est toujours aussi important. 46% avaient voté pour Klaus Iohannis et 15,8% pour Victor Ponta.

Dimanche, les craintes d'une répétition de cette débâcle étaient vives.

A l'aube déjà, des centaines de personnes faisaient la queue devant de nombreux bureaux de vote de l'étranger, selon des images diffusées par les médias locaux.

Et sur les réseaux sociaux, appels à la mobilisation et conseils pratiques se sont multipliés: «munissez-vous d'une bouteille d'eau, chargez vos portables et préparez-vous à faire la queue pendant des heures», peut-on lire sur un des comptes créés pour le scrutin.

«On se prépare comme si on allait à la guerre, on n'a pas le choix», commente une internaute, Anabelle.

Il y a cinq ans, ce sont les voix de la diaspora, généralement favorable à la droite, qui avaient fait pencher la balance en faveur du président sortant, Traian Basescu.

En Roumanie, tout semble jouer en faveur de Victor Ponta: son expérience politique, un accès aux ressources gouvernementales lui ayant permis, selon ses détracteurs, de multiplier les «cadeaux électoraux», le soutien de la très influente Eglise orthodoxe et l'embellie économique.

Scrutin crucial

Son rival est quant à lui complètement atypique sur la scène politique: ancien professeur de physique mal à l'aise devant les caméras, il s'est tenu à l'écart des polémiques alors qu'il était accusé de ne pas être un «vrai Roumain», tout en prônant «le travail bien fait».

«J'ai voté pour que nos parents puissent vivre dans un meilleur pays et pour que nos enfants aient un avenir ici, en Roumanie», a déclaré Victor Ponta, accompagné de son épouse et de leurs deux enfants.

Toujours avare de mots, Klaus Iohannis a souhaité que la Roumanie «jouisse de respect et de prospérité».

«Depuis 25 ans, nous n'avons entendu que mensonges et promesses qui n'ont pas été tenues. J'espère que nous aurons enfin un président qui respecte les gens et fait ce qu'il promet», dit Rodica Avram, une enseignante âgée de 56 ans, après avoir voté à Bucarest.

Ce scrutin est considéré comme crucial dans cet ancien pays communiste, à un moment où la démocratie a subi des revers dans certains pays d'Europe centrale, Hongrie en tête.

(AFP)

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