Actualisé 04.02.2012 à 12:55

RussieLes Russes défient le froid et Poutine en manifestant

A Moscou et dans une vingtaine d'autres villes, des milliers de Russes ont manifesté samedi, jour du début de la campagne de la présidentielle du 4 mars. Leur préoccupation: Vladimir Poutine.

Comme à Moscou et ailleurs dans le pays, ils étaient plusieurs milliers à Ekaterinbourg dans l'Oural.

Comme à Moscou et ailleurs dans le pays, ils étaient plusieurs milliers à Ekaterinbourg dans l'Oural.

Quelque 120'000 personnes ont manifesté samedi à Moscou contre le régime du Premier ministre et favori de la présidentielle de mars, Vladimir Poutine, a annoncé l'un des organisateurs, l'ancien député Vladimir Ryjkov à la fin de la manifestation.

«La place est pleine de monde, le pont est plein de gens. Nous sommes au moins 120'000 rassemblés ici!», a déclaré M. Ryjkov, un ancien député et co-dirigeant du mouvement non autorisé Parti des libertés populaires Parnas.

Les opposants ont défilé samedi sur la rue Bolchaïa Iakimanka avant de rejoindre la place Bolotnaïa, au pied du Kremlin, pour écouter les dirigeants du mouvement de contestation déclenché en décembre par des législatives marquées, selon l'opposition, par de graves fraudes. La police pour sa part a indiqué qu'ils étaient environ 35'000.

Un rassemblement favorable au pouvoir une dizaine de kilomètres plus loin a rassemblé quelque 140'000 personnes, selon les forces de l'ordre.

Estimations variables

Les chiffres de l'opposition et ceux de la police diffèrent généralement très largement lors des manifestations contre Vladimir Poutine. A contrario, les estimations des forces de l'ordre et celles des organisateurs de manifestations favorables au régime russe coïncident généralement.

Le rassemblement de l'opposition est la troisième grande manifestation d'opposition dans la capitale contre M. Poutine depuis décembre. Elle est considérée comme un test crucial pour la coalition disparate d'opposants politiques et de personnalités de la culture ou des médias, d'autant que la campagne pour la présidentielle du 4 mars débute officiellement samedi

A Saint-Pétersbourg, deuxième ville de Russie, près de 4'000 personnes ont aussi manifesté par -21°C lors d'un rassemblement organisé par l'opposition au centre de l'ancienne capitale impériale.

Pour le changement

«Nous voulons des changements», «Poutine de nouveau?», clamaient leurs affiches, à un mois de la présidentielle russe du 4 mars.

A l'issue de ce scrutin, Vladimir Poutine compte revenir au Kremlin qu'il avait dû quitter en 2008 - pour prendre la tête du gouvernement - après deux mandats consécutifs entre 2000 et 2008.

«Nous sommes contre Poutine, parce que nous sommes fatigués de lui. S'il reste, on vivra de nouveau des années de stagnation et de corruption», a déclaré à l'AFP une des manifestantes, Larissa Rosliakova, 54 ans.

En Sibérie aussi

A Novossibirsk, en Sibérie, l'opposition a revendiqué 2'000 manifestants qui se sont rassemblés par -21°C, avec pour slogan «Poutine démission».

L'opposition a par ailleurs mobilisé 1500 personnes à Tcheliabinsk (Oural), 3000 personnes à Ekaterinbourg (Oural), 2000 personnes à Tomsk (Sibérie) avec pour slogans «Poutine, pars» et «Pas une seule voix à Poutine», selon les branches régionales du mouvement de l'opposition Solidarnost contactées au téléphone par l'AFP.

Des manifestations mobilisant entre 30 et 500 personnes ont également eu lieu dans une vingtaine de villes à travers la Russie, de Vladivostok (Extrême-Orient) à Krasnodar (sud), selon les mairies et la police citées par les agences russes.

(AFP)

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