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LocalLes sapins de Noël suisses sont à la fête

Les Suisses sont de plus en plus nombreux à vouloir acquérir un sapin de Noël produit localement.

De plus en plus de Suisses cherchent à acheter un sapin de Noël du pays

De plus en plus de Suisses cherchent à acheter un sapin de Noël du pays

Keystone

Cette année, l'offre est à même de couvrir la demande en arbres de Noël suisses. L'été pluvieux a profité au roi de la forêt qui s'est paré d'un beau manteau verdoyant. Quant à la nouvelle politique agricole qui ne subventionne plus les conifères, elle ne se fait pas encore sentir.

Chaque année, les Suisses achètent près d'un demi-million de sapins produits localement. Les arbres d'origine étrangère proviennent majoritairement du Danemark et de l'Allemagne.

Sur les 500'000 arbres de Noël du pays, deux tiers sont cultivés par des agriculteurs. Le reste émane des forêts.

Demande en hausse

Dans les grandes surfaces, on constate un intérêt grandissant pour la production indigène. Chez Coop, 75% des conifères présentés sur les étals proviennent de forêts et de cultures suisses, contre 35% seulement en 2012. Auprès de son concurrent Migros, moins de 30% des résineux sont importés.

«Le client devient de plus en plus soucieux de l'environnement», a indiqué Ramón Gander, porte-parole de la Coop. Il souhaite non seulement connaître la provenance du sapin qu'il achète mais aussi les conditions dans lesquelles il a été produit. Les questions sur le recours à d'éventuels insecticides ou sur la gestion durable de la forêt dans laquelle intervient la coupe ne sont pas rares.

Pluies revigorantes

Bonne nouvelle pour les personnes désireuses d'acheter un conifère suisse, la production indigène n'a pas souffert de la météo maussade de cet été. «Les aiguilles ont, au contraire, profité des précipitations estivales et sont devenues plus denses et foncées», explique Urs Wehrli, responsable communication d'Economie forestière suisse, l'organisation faîtière des propriétaires suisses de forêts.

«Beaucoup d'arbres ont par contre été détruits ou abîmés, suite à la grêle de 2013», poursuit Stéphane Gutknecht, fondateur du site chapin.ch qui livre des sapins indigènes à domicile. Les grêlons ont attaqué les jeunes pouces qui mettent plusieurs années à pousser.

Pas de pénurie en vue

Conséquence des mauvaises conditions météorologiques de 2013, il a fallu faire venir de l'étranger plus de résineux. Mais aujourd'hui la situation s'est stabilisée. «Cette année, l'offre couvre la demande en arbres produits localement», souligne Philipp Gut, d'IG Suisse Christbaum, la faîtière des cultivateurs de sapins de Noël.

En Suisse, le marché du sapin, toutes origines confondues, se chiffre à environ 50 millions de francs. La production indigène reste cependant un marché de niche. «Peu de paysans tirent leurs revenus de cette unique activité», précise Urs Wehrli.

Les raisons à cela: des surfaces cultivables plus limitées que les immenses territoires du Danemark et des lois également plus contraignantes quant à l'usage d'insecticides et d'engrais.

Fin des paiements directs

Depuis le 1er janvier 2014, les producteurs de sapins suisses ne bénéficient, en outre, plus de subventions. Cette suppression fait suite à l'entrée en vigueur de la nouvelle politique agricole de la Confédération. Berne souhaite désormais mettre l'accent sur la sécurité alimentaire, soit la production de fruits et de légumes.

Le montant des coupes s'élève à un demi-million de francs. Auparavant, les paysans recevaient 900 francs par hectare de sapins cultivé.

Ce manque à gagner n'a pas d'impact sur la production de conifères helvétiques en hausse cette année. «Il est par contre trop tôt pour savoir si l'arrêt des paiements directs aura des répercussions négatives à plus long terme», remarque Urs Wehrli.

Sapins suisses pas plus chers

Quant aux prix, ils n'ont pas pris l'ascenseur, suite aux coupes fédérales. Par rapport à l'année passée, il n'y a aucune différence de barème. Et le tarif des sapins indigènes dans les grandes surfaces ne diffère guère de celui fixé pour les résineux produits en Allemagne ou au Danemark.

En outre, les conifères helvétiques se conservent plus longtemps. «Certains sapins étrangers sont coupés dès fin octobre», révèle Philipp Gut. Ils arrivent sur nos étals plus asséchés et présentent un risque accru d'inflammation. Raison de plus pour privilégier la production locale.

(ats)

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