Football: Les secrets de la préparation du Servette FC
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FootballLes secrets de la préparation du Servette FC

Matthieu Degrange, préparateur physique des Grenat explique comment le club s’est organisé pendant la pause forcée. Et maintenant.

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Sport-Center
Alain Geiger à l'écoute de son préparateur physique, Matthieu Degrange. C'est ce dernier qui a "torturé" les joueurs durant deux mois...

Alain Geiger à l'écoute de son préparateur physique, Matthieu Degrange. C'est ce dernier qui a "torturé" les joueurs durant deux mois...

Eric Lafargue

Il faudrait croire que tout cela n’est pas bien compliqué. Qu’un joueur de foot, même privé des entraînements collectifs, n’a qu’à courir tout seul, faire quelques abdos et que cela suffira. Le ballon, ça ne s’oublie pas, pour sûr.

On force le trait, mais à peine. Matthieu Degrange, préparateur physique du Servette FC, est là pour corriger le tir. Non, tout n’est pas simple. Oui, la technologie actuelle permet de contrecarrer les effets néfastes d’un entraînement individuel.

«On parle là de huit semaines à devoir faire des exercices tout seul, rappelle Degrange. Immédiatement, nous avons décidé de faire bien plus que du simple maintien physique. Nous nous sommes dirigés vers un vrai travail d’endurance, sans oublier la tonicité aussi. Pour optimiser tout ça, le club a investi dans des montres GPS qui transmettaient toutes les données, afin de pouvoir mesurer la qualité du travail effectué.»

Dans le respect de la vie privée

On pourrait se croire dans un film futuriste: chacun sa montre connectée et un patron scrutant qui bosse correctement ou pas. «Ce n’est pas du tout le but, explique Matthieu Degrange. D’abord, les joueurs ne portaient la montre que durant les séances d’entraînement individuelles, selon le programme concocté. Ensuite, je ne suis pas là pour faire le flic en regardant les résultats. Au contraire, cela permet d’adapter les charges au cas par cas, selon les données reçues, pour optimiser l’effort.»

Tout ça, c’était bien, c’était le temps d’avant, quand l’entraînement collectif ou par petits groupes était interdit. Personne ne le cache: c’est un soulagement de pouvoir à nouveau travailler avec tout le contingent. «Oui, c’est mieux comme ça, souffle Degrange. Cette longue période et les mesures que nous avons prises pour que les joueurs restent à haut degré d’intensité nous permettent maintenant de partir sur un acquis, en étant sûr du boulot accompli. Nous allons continuer tous ensemble maintenant, d’autant plus que nous pouvons planifier désormais les exercices en fonction de la reprise. Puisque nous avons enfin une date qui a été fixée.»

Trois matches amicaux

Une date fixée et aussi la certitude de devoir enchaîner les semaines anglaises. Un risque de blessure important? «Bien sûr que le risque est plus important, admet le préparateur physique. Mais de là à parler de massacre annoncé, non. Les joueurs seront contrôlés au quotidien, le travail sera individualisé, nous bénéficions de cinq semaines avant la reprise pour nous préparer, il y aura cinq changements. Avant, nous avions deux piques d’intensité par semaine: le match de championnat le week-end et le mercredi. Un match prendra la place de ce mercredi. Il faudra faire attention, suivre les joueurs de près, mais je suis confiant.»

Afin de ne rien négliger, trois matches amicaux sont au programme. Servette-Xamax ce samedi au Stade de Genève, Stade-Lausanne - Servette mercredi prochain et Servette-Lausanne au Stade de Genève le samedi suivant. De quoi se remettre dans le rythme en vue des semaines anglaises.

Daniel Visentini

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