15.08.2013 à 14:28

ProstitutionLes «sexbox» de Zurich sont prêtes

Des «garages à sexe» côte à côte, destinés à accueillir les clients des prostituées, vont ouvrir le 26 août à Zurich dans l'ancien quartier industriel.

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Une journée porte-ouverte a été organisée samedi afin de présenter les «sexboxes» aux riverains. (24 août 2013)

Une journée porte-ouverte a été organisée samedi afin de présenter les «sexboxes» aux riverains. (24 août 2013)

Keystone
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Plus que de simples garages à sexe, la nouvelle zone de prostitution située dans l'ancien quartier industriel à l'ouest de la ville a été aménagée pour ne pas être glauque. Un première en Suisse.

Plus que de simples garages à sexe, la nouvelle zone de prostitution située dans l'ancien quartier industriel à l'ouest de la ville a été aménagée pour ne pas être glauque. Un première en Suisse.

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Les fameuses «sexbox» de Zurich entreront en fonction le 26 août. Plus que de simples garages à sexe, la nouvelle zone de prostitution située dans l’ancien quartier industriel à l’ouest de la ville a été aménagée pour ne pas être glauque. Une première en Suisse.

L’entrée est signalisée par un parapluie rouge, un symbole connu surtout en Europe de l’Est pour signaler les zones de prostitution. Derrière la grille, on découvre une route fraîchement goudronnée limitée à 10 km/h formant une boucle dans un espace riche en verdure et agrémenté de guirlandes lumineuses.

Au bout de la boucle se trouvent les «sexbox», neuf abris à voiture côte à côte ainsi que deux plus petits pour les clients qui préfèrent ne pas passer à l’acte dans leur voiture, tous équipés d’une sonnette d’alarme. La construction est en bois apparent.

Box illuminés

La nuit, les «box» seront illuminés de différentes couleurs. Au milieu du parc se trouve en outre un pavillon où les prostituées pourront se reposer, se doucher ou parler avec des conseillères sociales qui seront présentes chaque soir.

Les autorités de la ville de Zurich ont présenté jeudi l’aire qui doit remplacer la zone du Sihlquai, au centre-ville, devenue insoutenable pour les riverains. Elle doit pouvoir accueillir 30 à 40 travailleuses du sexe. Pour trouver cette solution, la ville s’est inspirée d’expériences faites à l’étranger.

Succès pas garanti

Des expériences qui n’ont pas toujours été couronnées de succès, certaines des zones ayant dû fermer, a admis face aux médias le municipal en charge des affaires sociales Martin Waser. «Nous avons analysé ces échecs et avons tenté d’intégrer des solutions. Aujourd’hui, nous sommes optimistes» que les «sexbox» vont convaincre les prostituées et leurs clients.

Un des points centraux pour réussir est la sécurité, estime le responsable du projet Michael Herzig. Deux personnes, conseillères sociales ou agents de sécurité, seront sur place de l’ouverture à 19h00 à la fermeture à 05h00. Il en coûtera 500’000 francs par année, soit 200’000 de plus que ce qui était nécessaire pour le Sihlquai.

Afin d’assurer la discrétion et ne pas effrayer les clients, il n’y aura en revanche pas de surveillance vidéo ni de présence policière permanente. Des contrôles seront effectués sporadiquement.

Règles du jeu strictes

Comme la nouvelle zone est située sur un terrain privé, la ville peut décider des règles applicables, ce qui augmente la sécurité par rapport à la prostitution dans l’espace public. Ainsi, les clients ne pourront pénétrer dans la zone qu’en voiture et seul à bord.

Par ailleurs, la ville a voulu éviter que l’ambiance dans la zone ne soit glauque, comme c’est souvent le cas dans les exemples que les responsables zurichois ont visités à l’étranger. C’est pourquoi une grande attention a été portée à son aménagement.

Au total, les travaux ont coûté 2,1 millions de francs, soit en deçà du budget de 2,4 millions accordé par les citoyens lors de la votation de mars 2012. Les coûts de fonctionnement s’élèveront à près de 700’000 francs par année.

Intérêt des prostituées

Reste à savoir si le modèle innovateur va s’imposer. Selon Ursula Kocher, responsable du service de conseil aux femmes Flora Dora, les prostituées se montrent intéressées même si elles ne savent pas vraiment encore à quoi s’attendre.

Quant aux clients, les autorités partent de l’idée qu’il faudra un certain temps pour qu’ils osent s’aventurer dans un endroit aussi médiatisé. Un premier bilan sera tiré dans trois mois. Note aux rédactions: Encadré suit sur les autres mesures visant à gérer la prostitution à Zurich

(ats)

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