02.12.2014 à 15:45

TerrorismeLes shebab commettent un nouveau massacre au Kenya

Les islamistes somaliens ont revendiqué le raid mené dans la nuit de lundi à mardi dans le nord-est du Kenya, qui a fait au moins 36 tués parmi des ouvriers non musulmans.

Les shebab somaliens ont commis un nouveau massacre au Kenya.

Les shebab somaliens ont commis un nouveau massacre au Kenya.

AFP

L'attaque d'islamistes somaliens a eu lieu dans une carrière proche de la ville de Mandera. Les shebab ont promis d'être «sans pitié pour les infidèles».

Ils ont dit avoir exécuté 40 «croisés kényans», mais le gouverneur de la province a parlé quant à lui de 36 ouvriers tués. Leur raid s'est déroulé près de la frontière somalienne, dans une région où les shebab ont assassiné le 23 novembre 28 passagers d'un autocar à destination de Nairobi.

Une vingtaine d'assaillants ont pénétré dans une carrière près de Mandera et ouvert le feu sur des tentes où dormaient des ouvriers. «Les miliciens ont isolé du lot les musulmans, puis ont ordonné aux non musulmans de s'étendre et les ont abattus à bout portant, d'une balle dans la tête», a déclaré un témoin.

«Trente-six personnes ont malheureusement été tuées la nuit dernière de la même manière que ce qui s'est produit récemment dans un car. Cela s'est passé dans une carrière à environ 15 km de Mandera», a déclaré le gouverneur de la province, Ali Roba. Un témoin a compté 36 corps, tous abattus d'une balle dans la tête à l'exception d'au moins deux d'entre eux qui ont été décapités.

Le président s'adresse à la Nation

A la suite de cette attaque, le président Uhuru Kenyatta a annoncé qu'il avait nommé un nouveau ministre de l'Intérieur en remplacement de Joseph Ole Lenku. Il a aussi dit qu'il avait accepté la demande de «mise à la retraite» déposée par le chef de la police David Kimaiyo. Tous deux ont été critiqués pour leur incapacité à mettre fin aux violences.

Le nouveau ministre de l'Intérieur est Joseph Nkaissery, un général à la retraite. «C'est une guerre contre le Kenya et les Kényans (...) Nous ne céderons pas», a dit le chef de l'Etat dans une allocution télévisée, parlant des attentats. Le Kenya «va intensifier la guerre» contre les shebab, a-t-il encore martelé.

Le président Kenyatta a qualifié d'«animaux enragés» les rebelles islamistes, qui ont tué au Kenya plus de 700 personnes, dont 500 civils.

Cible d'attentats depuis 2011

Le Kenya est la cible de nombreux attentats depuis son intervention militaire contre les shebab en Somalie en 2011. Des troupes de l'Union Africaine (UA) se sont depuis jointes aux forces kényanes dans la lutte contre les shebab qui ont subi de nombreux revers.

Selon ses détracteurs, le président kényan n'a pas pris les mesures qui s'imposaient pour renforcer la sécurité, après l'attaque d'une galerie commerçante de Nairobi, où 67 personnes avaient été tuées en septembre 2013.

Les islamistes d'al-shebab ont déclaré lors des précédentes attaques qu'ils entendaient punir le Kenya pour l'envoi de troupes aux côtés des forces africaines de maintien de la paix en lutte contre les insurgés en Somalie. Le chef de l'Etat a réaffirmé sa volonté de maintenir son armée en Somalie.

Fin novembre, dans la région de Mandera, des islamistes avaient intercepté un bus et exécuté 28 de ces passagers non musulmans. Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, avaient justifié leur action comme des représailles aux raids de la police kényane dans des mosquées de Mombasa, le grand port du sud-est du Kenya.

(ats)

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