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Présidentielle françaiseLes sites web des médias français sont sur les dents

Les grands médias sont sur le pied de guerre technique pour être en mesure de gérer les pics d’affluence sur le web lors de l’annonce des résultats du premier tour dimanche et écarter la menace du «rideau».

Les techniciens s'attendent à des pics d'affluence vers 20h, à l'annonce des résultats.

Les techniciens s'attendent à des pics d'affluence vers 20h, à l'annonce des résultats.

Keystone

"Il est difficile de prévoir les chiffres d’audience, mais nous aurons un nombre de connexions record et devrions en absorber plusieurs centaines de milliers en très peu de temps", résume Olivier Grange-Labat, directeur technique du Monde interactif.

"Historiquement, les pics ont lieu à la fois le soir, à 20h, et le lundi matin: c’est en effet le moment où les internautes peuvent consulter les analyses écrites par notre rédaction et tous les résultats par commune", ajoute-il.

"On s’est préparés à avoir un très gros pic entre 18H30 et 23H30, et un autre pic le lendemain matin qui commencera dès 6H30-7H", renchérit Olivier Cros, directeur des opérations du parisien.fr, qui attend entre 1,5 et 2 millions de visiteurs sur ces deux plages horaires.

Gros scores attendus

Il prévoit "de très gros scores: un peu avant 20H, pour les deux tours, on estime que l’on va multiplier entre 7 et 12 le trafic habituel. A titre d’exemple, lors des dernières régionales, dès 20H on a eu un trafic sur le site qui a presque été multiplié par 9 au plus haut de la crête".

"Techniquement on est prêts. Notre infrastructure, basée sur trois étages d’amortissement, peut maîtriser à tout moment des pics de charge. On a tout sécurisé, pour autant le risque zéro n’existe pas et on n’est pas à l’abri qu’un élément lâche sur un serveur, mais on sera bien sûr là toute la nuit pour intervenir au cas où", souligne Didier Cros.

"Nous avons effectué plusieurs opérations de maintenance préventive, destinées notamment à soulager notre base de données, et effectué certaines évolutions dans notre infrastructure pour mieux tenir la charge. Nous prévoyons également une répétition générale des deux soirées pour valider le dispositif technique", souligne de son côté Olivier Grange-Labat.

"On a aujourd’hui les éléments techniques pour faire tenir les sites des médias, et ceux qui lâcheraient sont ceux qui n’ont pas une structure d’hébergement suffisante ou qui ne se sont pas préparés", note Nicolas Guillaume, porte-parole de la société Cedexis, sorte d’"aiguilleur du net" qui compte parmi ses clients les sites des principaux quotidiens nationaux.

En fonction de l’état du trafic internet en temps réel, Cedexis réoriente les requêtes et les flux de données vers les meilleurs hébergeurs pour pallier ralentissements, engorgements ou défaillances de réseaux.

"Notre plate-forme a tenu sans problème la charge lors des événements de Toulouse, qui n’étaient pas prévus, et de leur côté nos clients ont également tenu le choc, à part un média en ligne qui a connu pendant quelques minutes un petit ralentissement du temps de chargement, que l’utilisateur n’a pratiquement pas pu ressentir", résume Nicolas Guillaume.

Le dernier site média à "tomber" a été celui du quotidien local Midi Libre: le 24 octobre 2010, il donnait en exclusivité la mort de Georges Frêche, président du conseil régional du Languedoc Roussillon, mais n’avait pas tenu la charge des multiples connexions et était resté indisponible près d’une heure, perdant le bénéfice de son scoop.

"Lors de cette élection, les infrastructures vont être encore plus sollicitées avec la montée en puissance des réseaux sociaux, et aussi l’utilisation des smartphones et des tablettes", souligne Nicolas Guillaume.

"Avec le succès de Facebook ou Twitter, les gens vont se ruer sur l’information en ligne, et on a donc beaucoup travaillé pour intégrer les réseaux sociaux et en drainer de l’audience", souligne Didier Cros.

"Nous misons également sur le +live+, de dimanche matin à lundi soir, pour permettre un dialogue en direct entre nos internautes et notre rédaction", indique de son côté Olivier Grange-Labat, qui promet "une surprise à 20H".

(AFP)

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