30.11.2012 à 20:36

Vendée GlobeLes skippers bientôt confrontés à un danger mortel: les glaces

Les skippers du Vendée Globe «entreront dans moins d'une semaine dans le secteur à risques» en termes de glaces, a estimé Louis Mesnier, un expert de la société CLS spécialisée dans la détection des icebergs et leur suivi.

Quatrième, Bernard Stamm a réduit quelque peu l'écart.

Quatrième, Bernard Stamm a réduit quelque peu l'écart.

AFP

La flotte abordera cette zone dangereuse «au plus mauvais moment», soit pendant le printemps austral.

Une période qui voit les icebergs se détacher des glaciers antarctiques, quitter les mers de Ross et de Weddell et remonter vers le nord. «Il y a des dizaines de milliers d'icebergs en permanence» sur les mers, «solidaires des veines de courants», a précisé Louis Mesnier. Et ce, sans compter les growlers, ces blocs de glace durs comme du béton et parfois lourds de plusieurs tonnes, flottant entre deux eaux. Donc indétectables.

Les premiers des 13 skippers encore en course dans le Vendée Globe aborderont dans les 48 ou 72 prochaines heures la première «porte des glaces», matérialisée par deux points fictifs et destinée à empêcher les concurrents de descendre trop au sud et de faire de mauvaises rencontres. Cette «porte», dite «des Aiguilles» et située aux confins de l'Atlantique sud et de l'océan Indien, a été remontée vers le nord lundi après examen d'images prises par le satellite radar canadien Radarsat-2 et analysées par l'antenne brestoise de CLS.

Taille inhabituelle

Vendredi, une autre «porte» -celle des Kerguelen, dans l'océan Indien- a été remontée pour les mêmes raisons et rebaptisée «porte de Crozet». Dans le cadre de ce 7e Vendée Globe, la zone surveillée par CLS - de la fin novembre à la mi-janvier - est le pourtour du continent antarctique, que vont contourner les navigateurs. Quelque 180 images radar seront prises d'ici la fin de la course.

Des bulletins d'alerte quotidiens sont transmis à la direction de course, seul interlocuteur de CLS. Ces bulletins sont ensuite transmis aux coureurs avec les coordonnées en longitude/latitude des icebergs repérés, leur dérive prévisible.

«Il y a de plus en plus de glaces à des latitudes élevées», a noté le spécialiste de CLS. Est-ce dû au réchauffement climatique? Selon Louis Mesnier, «il n'y a pas de corrélation directement établie. Mais on voit des icebergs de taille inhabituelle se détacher», comme ce C-19 qui a quitté la mer de Ross en mai 2002 et dont la superficie était alors supérieure à 5500 km2...

Record pour Gabart

Le premier susceptible de croiser les glaces est le Français Armel Le Cléac'h, toujours leader devant ses compatriotes Jean-Pierre Dick et François Gabart. Quatrième, le Vaudois Bernard Stamm a réduit quelque peu l'écart (98,8 milles). Le Genevois Dominique Wavre conserve lui sa huitième place (à 282,4 milles).

A noter que Gabart (Macif) a amélioré le record de distance parcourue en 24 heures en monocoque Imoca (18,28 m), abattant 482,91 milles (894,3 km) entre jeudi 12h00 et vendredi 12h00. Il a amélioré la référence établie en 2003 par le Britannique Alex Thomson, qui est 5e derrière Stamm et qui avait alors parcouru 468,72 milles.

Vendée Globe. Les positions vendredi à 20h00: 1. Armel Le Cléac'h (Fr), Banque Populaire, à 18 973 milles de l'arrivée. 2. Jean-Pierre Dick (Fr), Virbac Paprec 3, à 20,3 milles du leader. 3. François Gabart (Fr), MACIF, à 44,9. 4. Bernard Stamm (S), Cheminées Poujoulat, à 98,8. 5. Alex Thomson (GB), Hugo Boss, à 104,1. Puis: 8. Dominique Wavre (S), Mirabaud, à 282,4. 13 bateaux encore en course.

(si)

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