Actualisé 04.12.2017 à 18:57

AllemagneLes sociaux-démocrates font un pas vers Merkel

La direction du SPD allemand s'est prononcée à l'unanimité lundi en faveur de négociations avec les conservateurs en vue d'une grande coalition.

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Le Bundestag allemand a élu mercredi Angela Merkel chancelière pour un quatrième mandat. La dirigeante conservatrice a obtenu 364 voix sur 688 votes valables à la chambre basse du parlement. (Mercredi 14 mars 2018)

Le Bundestag allemand a élu mercredi Angela Merkel chancelière pour un quatrième mandat. La dirigeante conservatrice a obtenu 364 voix sur 688 votes valables à la chambre basse du parlement. (Mercredi 14 mars 2018)

AFP
Le parti social-démocrate lance une campagne pour convaincre ses membres d'approuver un gouvernement avec Merkel. (Samedi 17 février 2018)

Le parti social-démocrate lance une campagne pour convaincre ses membres d'approuver un gouvernement avec Merkel. (Samedi 17 février 2018)

AFP
L'Allemagne doit cesser de donner des leçons budgétaires aux autres pays européens. C'est le credo défendu par le futur ministre allemand des finances Olaf Scholz (photo) dans une interview publiée samedi. (10 février 2018)

L'Allemagne doit cesser de donner des leçons budgétaires aux autres pays européens. C'est le credo défendu par le futur ministre allemand des finances Olaf Scholz (photo) dans une interview publiée samedi. (10 février 2018)

Keystone

Dans un document, le parti social-démocrate (SPD) mentionne parmi ses exigences de premier plan une harmonisation de l'impôt sur les sociétés au niveau européen et une hausse d'impôts pour les plus hauts salaires. Il préconise une «politique ambitieuse en matière de climat» et une augmentation du budget de l'éducation, des fonds alloués à l'internet haut débit ou encore pour les infrastructures routières et le logement.

Sur la question de l'immigration, le SPD avertit qu'il s'opposera à la volonté des conservateurs de prolonger l'interdiction du droit au regroupement familial pour certains demandeurs d'asile, laquelle doit expirer en mars. Il estime que le regroupement familial facilite une «bonne intégration» des nouveaux arrivants.

Coup de barre à droite

Le dossier de l'immigration s'annonce d'autant plus épineux que l'Union chrétienne-sociale (CSU), l'alliée bavaroise de la chancelière Angela Merkel, a donné un coup de barre à droite lundi. Son chef, Horst Seehofer, a annoncé qu'il quitterait son poste «dans le courant du premier trimestre 2018».

Ministre-président de Bavière depuis 2008, il entend ainsi «préparer le terrain à un renouveau à la tête de la Bavière et permet une transition ordonnée ce qui, dans le monde politique, ne constitue pas la règle», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

M. Seehofer a accepté de laisser sa place à son principal rival au sein de la CSU, Markus Söder, qui sera la tête de liste du parti lors des élections régionales prévues à l'automne. Il compte en revanche rester président de la CSU et pourrait, selon les médias, hériter d'un poste de ministre au plan fédéral en 2018 en cas de nouvelle «grande coalition».

Guerre des chefs à la CDU

L'homme fort de la CSU fait les frais d'une guerre des chefs qui dure depuis déjà plusieurs mois et a gagné en ampleur après le mauvais résultat du mouvement aux législatives de septembre. Le parti n'a récolté que 38% des voix dans son fief bavarois, son plus mauvais score depuis 1949.

La CSU craint de perdre des voix sur sa droite au bénéfice de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD). Le parti d'extrême droite a réussi une entrée fracassante au Bundestag le 24 septembre, avec 12,6% des voix et 93 députés.

Angela Merkel a déjà accepté avec réticence une demande de la CSU de plafonner le nombre de demandeurs d'asile arrivant chaque année en Allemagne. Dans son document, le SPD ne se prononce pas sur ce point.

Soutien aux idées de Macron

Parmi les autres sujets délicats dans les discussions figurent la politique européenne et les propositions d'Emmanuel Macron en faveur d'un budget commun à la zone euro ou d'un ministre des Finances européen. Le SPD appelle à soutenir les idées du président français.

Les sociaux-démocrates, qui ont gouverné avec les conservateurs, sous la direction d'Angela Merkel, entre 2005 et 2009 puis entre 2013 et 2017, ont subi en septembre leur pire score électoral depuis 1933, avec 20,5% des voix. Ils avaient initialement décidé de refaire leurs forces dans l'opposition mais ils ont changé d'avis après l'échec des négociations pour une coalition «Jamaïque» entre CDU-CSU, les libéraux du FDP et les Verts, sous la pression du président Frank-Walter Steinmeier.

Décision du SPD le week-end prochain

Les membres du SPD débattront des propositions de la direction lors du congrès du parti qui se tiendra à Berlin de vendredi à dimanche. S'ils donnent à leur tour leur feu vert, les négociations avec la CDU pourront commencer dès la semaine prochaine, a déclaré le président du SPD Martin Schulz. «Nous explorerons si et comment la formation d'un gouvernement est possible», a-t-il ajouté.

Le SPD encouragé par Macron et Tsipras

Le chef du SPD a déclaré lundi avoir été encouragé par des partis et dirigeants de pays européens, dont le Français Emmanuel Macron, à gouverner avec Angela Merkel. L'objectif est de promouvoir les réformes de l'Union européenne (UE).

«Nous prenons très au sérieux les messages» en provenance de nos partenaires européens, a déclaré Martin Schulz. «Nos partis frères - même si M. Macron n'est pas le président d'un parti frère - (veulent) que cette politique de blocage vis-à-vis des réformes de la zone euro -telle qu'on a pu la voir jusqu'à présent au ministère allemand des Finances- prenne fin», a ajouté le patron du SPD. Il confirmait des informations de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Voix unanimes

Selon le journal, M. Macron mais également le Premier ministre grec Alexis Tsipras l'ont encouragé dans des appels téléphoniques à prolonger l'alliance gouvernementale avec les conservateurs, en place depuis 2013, afin de faire avancer les réformes européennes. «Les conversations téléphoniques que j'ai menées jusqu'ici - et les divers échanges de mails et de sms sont unanimes», a souligné M. Schulz.

«Une chose est sûre: on ne peut pas continuer comme ça» en matière d'Europe, a indiqué M. Schulz. C'est aussi le message «d'autres gouvernements et partis frères qui espèrent avoir une politique progressive, plus sociale et plus dynamique de la part de la République fédérale d'Allemagne quand il y aura un gouvernement».

(ats)

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