France: Les stations françaises de basse altitude s’en sortent mieux
Publié

FranceLes stations françaises de basse altitude s’en sortent mieux

En montagne, la chute du tourisme est proportionnelle à l’altitude. La crise du Covid-19 en France a fait perdre 8 milliards d’euros au tourisme hivernal.

La saison hivernale a été morose pour de nombreuses stations de ski françaises.

La saison hivernale a été morose pour de nombreuses stations de ski françaises.

AFP

Plus on est bas, mieux on se porte: face à l’arrêt des remontées mécaniques pour cause de Covid-19, les stations de moyenne montagne en France résistent mieux à l’effondrement du tourisme que les grands domaines, encore plus dépendants du ski alpin.

Avec les vacances de février qui se terminent ce week-end, le secteur tire un premier bilan de cette saison blanche, et il est sombre: environ huit des onze milliards d’euros de chiffre d’affaires du tourisme hivernal français sont perdus, selon une estimation du cabinet spécialisé Protourisme.

Cet effondrement massif, qui touche l’ensemble d’un secteur vital aux montagnes françaises, occulte d’importantes disparités entre différents profils de stations: d’un côté les grands domaines d’altitude centrés sur le ski alpin et la clientèle étrangère, et de l’autre des stations-village plus basses et accessibles.

Pour les vacances de février, la chute du taux d’occupation des secondes est inférieure de vingt points à celle des premières, selon une estimation nationale du cabinet G2A pour l’Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM).

«On est proche de la catastrophe»

Ces quatre dernières semaines en Savoie et Haute-Savoie, 46% des lits de tourisme étaient occupés en stations villages, contre 83% l’an dernier. Dans les stations d’altitude, ce taux était de 23% cette année, contre 85% en 2020, selon les chiffres du même cabinet. Et tout en haut des vallées, le plongeon est sans appel: les lits de Val d’Isère, à 1850 mètres d’altitude, étaient occupés à 22% la semaine du 20 février, contre 94% en 2020.

«On s’attendait à moins que ça», note toutefois le directeur général de Val d’Isère Tourisme, Christophe Lavaut, se disant «presque satisfait». Car la station ne pouvait compter sur les deux tiers de la clientèle habituelle venue de l’étranger. Sur ces vastes domaines skiables, encore plus qu’ailleurs, le ski alpin est l’élément d’attraction quasi unique. Difficile, donc, de se convertir en quelques semaines.

Dans les deux Savoie, qui abritent nombre des plus grands domaines skiables, «on est proche de la catastrophe», estime Vincent Rolland, député LR et co-président de Savoie Mont-Blanc Tourisme. Les retombées économiques, qui représentent habituellement 19% du PIB local, vont tomber de six à moins d’un milliard et demi d’euros. Sans les aides de l’Etat, poursuit M. Rolland, «il y aurait un effondrement total de l’économie» locale.

L’atout des petites stations

A l’inverse des grandes stations, «les massifs du Jura, des Vosges, certaines vallées des Pyrénées, du Sency (Auvergne) s’en sont extrêmement bien sorties», explique Didier Arino, directeur de Protourisme, «mieux qu’on ne pouvait l’imaginer».

Dans les Pyrénées, ce sont les résidences secondaires qui ont «permis à l’activité de ne pas être aussi moribonde qu’à certains endroits», relève Michel Poudade, le président de la Confédération pyrénéenne du tourisme. Le massif observe une baisse de 33% du taux d’occupation par rapport à la saison 2019-2020, contre -46% pour les Alpes du Sud et -49,5% pour les Alpes du nord, selon le cabinet G2A.

A Villard-de-Lans, à 1110 mètres d’altitude sur le plateau du Vercors (Isère), l’office de tourisme a été «agréablement surpris» de voir jusqu’à 80% de lits occupés au pic des vacances, pour une baisse annuelle de seulement 20%. «Les gens sont venus respirer, profiter de cette nature préservée», estime son directeur Fabrice Mielzarek, qui «avait déjà une multitude d’activités à proposer à côté du ski alpin».

Raquettes, chiens de traîneau, ski de randonnée… Ces activités ont partout «très bien fonctionné, mais ça représente très peu par rapport à l’ensemble de l’économie touristique en montagne» tempère Didier Arino. «Ça ne suffit pas à faire une saison», mais «je pense qu’il en restera quelque chose», préfère souligner auprès de l’AFP le secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, qui résume ainsi la saison: «ce n’est pas Byzance, mais ce n’est pas Waterloo».

(AFP)

Votre opinion