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Commerce en ligneLes Suisses achètent toujours plus en ligne

Les ventes de détail ont augmenté de 8,3% en 2016. Les achats en ligne à l'étranger ont eux grimpé de 18% l'an dernier.

La part du commerce en ligne représente toutefois encore moins de 10% du chiffre d'affaires total réalisé en Suisse dans le commerce de détail.

La part du commerce en ligne représente toutefois encore moins de 10% du chiffre d'affaires total réalisé en Suisse dans le commerce de détail.

Keystone

Les Suisses sont toujours plus adeptes des achats en ligne et à distance. Ce mode d'emplettes a généré l'an dernier 7,8 milliards de francs de revenus, en hausse de 8,3% par rapport à 2015, grâce aux secteurs de l'électronique domestique et de la mode. Le tourisme d'achat sur Internet décolle.

Depuis l'abandon du taux plancher, le commerce de détail suisse souffre des baisses de prix et des achats transfrontaliers. En 2016, le chiffre d'affaires global s'est replié pour la 2e année consécutive, de -1,7% à 93,9 milliards de francs, a indiqué mercredi à Zurich Thomas Hochreutener, de l'institut GfK Suisse.

Or, le commerce en ligne continue, lui, à gagner du terrain, comme le montre la dernière enquête réalisée par l'Association suisse de vente à distance (ASVAD) et l'institut GfK en collaboration avec La Poste Suisse. L'an passé, les commandes privées réalisées en Suisse ont atteint 5,75 milliards de francs, soit près de 7% du chiffre d'affaires total.

Le changement de comportement des consommateurs se voit surtout dans le segment non alimentaire, explique Thomas Hochreutener. Depuis 2012, le commerce stationnaire «non-food» a perdu 8,3 milliards de francs tandis que le chiffre d'affaire en ligne a gagné 2,4 milliards. En 2016, la part d'e-commerce non alimentaire se montait à 15,3%.

L'atout électronique

La transparence des prix et la disponibilité des produits facilitées sur la toile expliquent cet essor. En 2016, la branche de l'électronique de loisirs a vu son chiffre d'affaires bondir de 9,1% sur un an à 1,8 milliard de francs. Désormais, 29% du volume total des ventes dans ce domaine se font en ligne.

«En comparaison internationale, la Suisse est très compétitive. Une caméra coûte souvent moins cher qu'à l'étranger», affirme Thomas Hochreutener. «Sur ce segment, il n'existe pratiquement pas de présence étrangère», a renchéri Patrick Kessler, président de l'ASVAD.

Si l'électronique et l'alimentaire restent en mains helvétiques, dans les autres segments, les concurrents étrangers dominent. A l'instar de la confection, comme en témoigne le succès du site suisse de Zalando. En 2016, le segment mode et chaussures a totalisé, après déduction des retours, 1,54 milliard de francs ( 11,6%).

Autre particularité suisse: la part du commerce en ligne et par correspondance dans le secteur alimentaire. En 2016, elle représentait quelque 880 millions de francs, grâce aux acteurs tels que LeShop ou Nespresso. «Sans les capsules à café, les chiffres seraient probablement en recul l'an dernier», a relevé Thomas Hochreutener.

L'offensive d'Aliexpress

Mais ce sont surtout les achats en ligne effectués au-delà des frontières qui ont le vent en poupe. «Le tourisme d'achat à l'étranger croît de manière disproportionnée», a affirmé Patrick Kessler. L'année dernière, il a bondi de 18% à 1,3 milliard de francs.

Si le commerce en ligne progresse dans son ensemble, près d'un tiers de cette croissance profite aux entreprises en dehors du pays, à l'instar d'Amazon. Depuis 2012, le tourisme d'achat a doublé, et devrait continuer à ce rythme, estime le représentant de l'ASVAD.

Et depuis 2015, la Suisse connaît la première vague d'importations directes en provenance de Chine, avec l'offensive du chinois Aliexpress, prisé par les jeunes. «Les Chinois investissent massivement dans la logistique» rappelle Thomas Hochreutener. Se référant aux estimations articulées dans la presse, il évoque quelque 20'000 paquets par jour en provenance de l'empire du Milieu.

La mort du catalogue

Pour l'avenir, l'ASVAD anticipe que la forte pression de la concurrence va engendrer un «alignement des prix des marchandises similaires». Pour 2017, l'association table sur une croissance de 7-10% du commerce en ligne, plus marquée dans la confection et l'électronique domestique.

D'ici 2019 au plus tard, le «non-food» représentera 20% du commerce de détail en ligne, estime la branche. Le marché devrait se polariser, avec une poignée de géants d'un côté et beaucoup de détaillants «de niche» de l'autre.

En Suisse, la pression se traduit aussi dans les moyens publicitaires, qui ont stagné globalement l'an dernier pour la branche. En 2016, seuls 400'000 catalogues de vente par correspondance ont été envoyés. «Le gros catalogue est mort, la branche l'a enterré», a déclaré Patrick Kessler

Champion de la facture Même si les Suisses achètent toujours plus en ligne, ils préfèrent encore, et de loin, la facture comme mode de paiement. Selon l'enquête, 80% des clients ont réglé en 2016 leurs achats de la sorte, ce qui en fait les champions en comparaison européenne. A 15% (13% en 2015) la carte de crédit gagne en popularité. La grosse majorité des consommateurs en ligne privilégient la livraison par la poste, avec toujours plus d'envois prioritaires (12,7% l'an passé). «Le client devient toujours plus impatient», constate Patrick Kessler. Quant aux taux de retours, ils s'avèrent stables. Dans le textile, il s'est inscrit à 46,5% en 2016, un niveau élevé, mais jugé «normal» pour la branche.

(ats)

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