24.07.2012 à 12:35

EtudeLes Suisses manifestent d'abord par solidarité

Les Suisses ne manifestent pas avec la même ferveur qu'à l'étranger. Ils descendent dans la rue plus par solidarité pour une cause que pour défendre leurs propres intérêts.

Le 11 juillet 2012, près de 300 personnes manifestent à Zoug contre les entreprises Xstrata et Glencore.

Le 11 juillet 2012, près de 300 personnes manifestent à Zoug contre les entreprises Xstrata et Glencore.

Keystone

C'est la conclusion d'une étude sociologique internationale soutenue par le Fonds national suisse (FNS) et publiée mardi. La recherche a comparé des manifestations similaires en Belgique, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Espagne, Suède et en Suisse.

Les chercheurs Marco Giugni et Nina Eggert, de l'Université de Genève, ont choisi cinq grandes manifestations qui se sont déroulées entre 2010 et 2012: le 1er mai à Zurich, une mobilisation antinucléaire à Beznau, une gay pride et une manifestation de femmes à Genève.

En Suisse comme ailleurs, ce sont des citoyens âgés entre 40 et 64 ans qui descendent dans la rue, en majorité au bénéfice d'une formation universitaire. Seule petite différence, il y a moins de manifestants peu formés qui se mobilisent que dans d'autres pays, 3,8% contre presque 10% en Belgique.

Confiance dans les autorités

En revanche de nettes différences apparaissent quant à leur motivation à se mobiliser. Près de 70% des personnes interrogées en Suisse disent manifester pour témoigner leur solidarité, 63% pour sensibiliser le public et seulement 38% pour défendre leurs intérêts, selon cette étude.

Interrogés sur leur rapport aux autorités, les manifestants en Suisse sont plus nombreux qu'ailleurs à avoir confiance dans leurs institutions politiques, notamment dans leur gouvernement. «Ce résultat est à mettre sur le compte des «nombreux canaux d'interventions qu'offre la démocratie directe, tels que l'initiative populaire ou le referendum», relève Marco Giugni.

Ce cadre institutionnel induit un manque de culture de la mobilisation en Suisse qui décourage les gens à participer, comparé à des pays comme la France qui laisse peu de place aux revendications citoyennes. En Suisse, la principale raison pour un citoyen de se mobiliser est son appartenance à un réseau social: plus il y est intégré, plus il descendra dans la rue.

L'étude s'est penchée sur des thématiques à forte mobilisation comme la défense des droits des homosexuels ou le 1er Mai. Mais les manifestations contre l'austérité qui ont rassemblé plus 100'000 personnes en Espagne l'an dernier n'ont pas été prises en compte faute de point de comparaison en Suisse, précise le chercheur genevois.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!