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Affaire Polanski«Les Suisses ne pouvaient pas vraiment faire autrement»

Roman Polanski affirme comprendre l'attitude de la Suisse qui a abouti à sa détention en 2009. En plus de sa caution, son bracelet électronique lui a été facturé 28'000 francs.

Les Etats-Unis avaient exigé l'extradition de Roman Polanski pour abus sexuel sur une adolescente de 13 ans en 1977.

Les Etats-Unis avaient exigé l'extradition de Roman Polanski pour abus sexuel sur une adolescente de 13 ans en 1977.

Keystone

"Je pense avec le recul que les Suisses ne pouvaient pas vraiment faire autrement", explique M. Polanski dans un entretien publié par le journal dominical allemand Welt am Sonnntag. "Ils devaient attendre des documents qui pouvaient prouver que j'avais accompli ma peine à l'époque", souligne le cinéaste de 79 ans. Et "les Américains refusaient de publier ces documents", ajoute-t-il également.

Selon lui, le playboy germano-suisse Gunter Sachs, décédé en mai 2011, a été le premier à lui proposer de l'aide pour payer sa caution de 4,5 millions de dollars. Le cinéaste ajoute que l'UBS, auprès de laquelle il avait un compte, a refusé de débloquer cette somme mais que sa banque française avait elle "immédiatement" mis l'argent à disposition.

Les Etats-Unis avaient exigé l'extradition de Roman Polanski pour abus sexuel sur une adolescente de 13 ans en 1977. Les autorités suisses ont procédé à son arrestation lors de son arrivée à l'aéroport de Zurich le 26 septembre 2009, alors qu'il souhaitait se rendre au Festival du film de Zurich pour y recevoir un prix.

Libéré en 2010

Après plusieurs mois de détention, il avait été placé en résidence surveillée dans son chalet de Gstaad (BE). En juillet 2010, il a finalement été libéré. La demande d'extradition a été rejetée par les autorités suisses, les Etats-Unis ayant refusé de délivrer tous les documents nécessaires.

M. Polanski ne veut pas être réduit à cette affaire aux Etats-Unis. "Cette histoire est une partie de ma vie, oui. Mais les gens veulent qu'elle soit une partie de ma personnnalité. Je le récuse", affirme-t-il. Il ajoute aussi à l'époque s'être reconnu coupable et avoir été détenu.

Et de qualifier de charge le fait de devoir prendre en permanence position sur son passé. "Je suis toutefois partial", dit-il. Selon lui, tout ce qu'il peut dire sur cette affaire est considéré comme une tentative d'autodéfense.

Il qualifie par ailleurs les Etats-Unis, où il ne peut plus se rendre, de "continent bigot". "D'une part, ce puritanisme règne là-bas, de l'autre ils sont le plus important producteur de pornographie dans le monde", lance-t-il.

(ats)

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