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HorlogerieLes Suisses ont-ils raté le tournant de la smartwatch?

Pour l'un des créateurs de la Swatch, les patrons de l'horlogerie suisse reproduisent les mêmes erreurs qu'il y a quarante ans lorsqu'ils estimaient que la montre à quartz était un gadget électronique sans avenir.

par
smk
Les montres connectées hante les couloirs de Baselworld.

Les montres connectées hante les couloirs de Baselworld.

Keystone

Alors que le salon horloger Baselword vient de s'ouvrir, la montre connectée est dans tous les esprits. Pour Elmar Mock, l'un des créateurs de la Swatch, les horlogers suisses ont trois jeux de retard dans cette phase qu'il qualifie d'innovation de rupture. Le segment moyen de gamme devrait souffrir et une claire menace pèse sur les emplois.

Pour lui, la montre connectée met notamment en danger le segment de la montre classique de type moyen de gamme. «Elle va aussi séduire une nouvelle clientèle, celle qui actuellement n'a rien au poignet et qui utilise uniquement son smartphone», anaylse Elmar Mock dans une interview «Temps» parue samedi.

Comme le quartz il y a 40 ans?

Pour lui, la perte pourrait atteindre 10 à 20% ou même 50%. Or le segment moyen de gamme pèse aujourd'hui plus de 10 milliards de francs par année. «Entre 500 et 2000 postes de travail sont ainsi en danger», selon l'homme d'affaires qui a fondé depuis la société Creaholic.

Si Rolex, Breguet ou Patek Philippe ne sont pas vraiment concernés, Swatch Group a lui raté le virage. «Les patrons de l'horlogerie suisse reproduisent les mêmes erreurs qu'il y a quarante ans (...) lorsqu'ils estimaient que la montre à quartz était un gadget électronique sans avenir et que la vraie horlogerie pouvait être mécanique».

Pas trop tard

Certains n'ont pas encore compris que le rôle aujourd'hui de la montre connectée, outre le fait d'indiquer l'heure, a pour but de coordonner les êtres humains entre eux, estime Elmar Mock. Mais il n'est pas trop tard même si les Suisses ne sont pas les tout premiers à mettre sur le marché des montres de cette nouvelle génération. Il en va «de la pérennité de notre industrie.»

Il relève du reste que le succès ne dépendra pas seulement de la seule innovation technologique mais aussi du modèle d'affaires qui sera développé. Il en veut pour preuve le business model d'Apple pour lancer sa smartwatch qui vise un marché d'un milliard de consommateurs.

(ats)

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