Football: Les Suisses ont leurs habitudes au pays du sourire
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FootballLes Suisses ont leurs habitudes au pays du sourire

L’équipe de Suisse aime bien stationner à St-Gall. Elle y gagne les matches qui comptent, dans un décor enchanteur et où les touristes devraient pulluler davantage.

par
Robin Carrel
(St-Gall)

Dimanche, même s’ils n’ont marqué qu’une fois et ont commencé le match avec un gros quart d’heure vaudois de retard en raison d’un but aux dimensions non-conventionnelles, les hommes de Vladimir Petkovic ont fêté un septième succès en autant de matches officiels au Kybunpark de St-Gall.

C’était contre la Lituanie (1-0), dans un stade où ils se sont inclinés en amical, certes, mais qui leur porte bonheur dès qu’il s’agit de se qualifier pour un grand événement planétaire ou mondial.

C’est un peu une Suisse de carte postale à laquelle on a droit dans le coin. Les hommes de Petkovic ont leurs habitudes ailleurs, vers Gossau je crois, où il y a plus d’étoiles sur la porte d’entrée qu’on ne peut se permettre. Mais nous, on se loge au plus près des événements.

On prend un appartement proche du stade pour suivre la «Nati», un des rares logements encore ouverts malgré la pandémie. On se retrouve donc à Herisau, chef-lieu du canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures, et distant de l’écrin saint-gallois d’environ trois kilomètres à vol d’oiseau.

Et même si le coronavirus est aussi présent ici qu’ailleurs dans le pays, ce sont les sourires qui dominent parmi les gens qu’on croise. Vous ne pouvez pas vous rendre compte à quel point ça fait chaud au cœur.

Les Welsches appréciés

Il y a beau y avoir un peu plus de 15 000 habitants dans cette humble bourgade d’Herisau, c’est un esprit de petit village alémanique qui semble prédominer. Dans la rue, on vous y sourit d’emblée, on vous donne du «Grüezi» comme s’il en pleuvait et on sourit encore plus en entendant un «Bonjour» en retour. Il est donc là le seul endroit où on aime les Welsches!

Quand on vient de la ville, en Suisse romande, je peux vous promettre qu’au premier abord, un simple bonjour, ça choque. Et il n’y a pas que les gens des alentours qui font plaisir. Le coin tout court est à couper le souffle.

Les journalistes sont les seuls à pouvoir aller voir l’équipe de Suisse jouer - et gagner on espère - des matches depuis une année. Et on a aussi, heureusement, de petites fenêtres entre les conférences de presses en «présentiel», comme on dit en 2021, ou en Zoom, pour visiter la région.

On a pu le faire, ô miracle, en Bulgarie la semaine dernière, mais on se substitue volontiers à Roger Federer et à l’office de tourisme helvétique pour tout ce qui est du nord-est de la Suisse.

Les débuts d’Arno del Curto à Herisau

Car le coin est tout simplement magnifique. Et encore, on attend une fenêtre de tir entre deux articles à écrire pour aller au sommet du Säntis afin de boucler la boucle. Appenzell, St-Gall, Herisau, Rorschach… Que c’est beau!

Arno del Curto en février 1990

Arno del Curto en février 1990

KEYSTONE

Quand on a été très jeune voir des matches du Lausanne Hockey Club, comme d’autres la LNA dans les années 90, Herisau reste un souvenir inoubliable et particulier. On parle quand même d’une équipe qui a évolué en Ligue nationale A ou B pendant de longues années et avec en son sein un certain joueur du nom de Sacha Weibel!

Mieux encore, un entraîneur nommé Arno del Curto y a fait ses premières armes en 1990. Et dire que, désormais, les riches locaux en manque de sensations fortes doivent aller jusqu’à Rapperswil…

Notez que le week-end, on risque de retrouver ces derniers sur les routes de campagne. Ils y perturbent avec leurs gros moteurs de Porsche ou de Ducati les «Landsgemeinde» locales, encore un truc obsolète, mais que je n’avais jamais vu de mes yeux.

Reste que c’est impossible de s’ennuyer dans les parages et je vais leur faire une excellente pub, à l’insu de mon plein gré, maintenant qu’il est très compliqué d’aller prendre des vacances outre-mer.

Aussi beau que Punta Cana

Entre les cantons de St-Gall, de Thurgovie, des deux Appenzell, on devrait y retrouver plus de Romands, je trouve. Bien davantage qu’à Punta Cana ou au Mexique, j’espère. Ici, c’est moins loin, mais c’est au moins aussi beau.

En plus, on a presque droit à un suisse allemand compréhensible. Vraiment! Du niveau de Hans Schaudi. Ou alors c’est parce que ça fait bientôt une semaine que je suis dans le sillage de l’équipe de Suisse et que, mine de rien, l’oreille commence à se faire à force de conférences de presse commencées en Hochdeutsch, et souvent terminées avec des accents lucerno-argoviens.

Au pire tant pis… On peut laisser le flambeau à Roger Federer. Lui aussi vend bien la Suisse.

C’est peut-être ça, en fait, le problème qu’on a remarqué, de la part du «Blick»… Le quotidien de boulevard zurichois a sorti un article ce dimanche, affirmant à tort que l’équipe de Suisse ne reviendrait plus jamais en Suisse romande, car aucun stade de chez nous n’aurait de pelouse naturelle ces prochaines années.

Une grossière erreur du tabloïd- Genève cet été et Lausanne dans quelques années auront des terrains herbeux -, mais on aurait presque bien voulu qu’elle soit vraie finalement, cette «information». Juste pour le dépaysement.

Les déplacements dans ce coin de pays sont bien plus incroyables que de rester devant sa télévision ou de s’inventer des voyages soi-disant Covid-responsable à huit heures d’avion. Je vous le promets, les essayer, c’est les adopter.

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