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PatriotismeLes Suisses prêts pour la guerre

Une étude indique que les Helvètes seraient plus prompts au combat que leurs voisins européens.

par
Vincent Donzé
Moreira

Les Suisses sont-ils prêts à prendre les armes pour défendre leur patrie? Un sondage réalisé pour le compte du réseau Gallup indique que 39% des Suisses seraient disposés à partir au combat pour défendre leur pays, 47% s’y refuseraient et 14% n’ont pas d’opinion.

Ils sont moins nombreux qu’au sein des superpuissances, mais font mieux que dans les pays européens, Finlande et Suède exceptées.

«La Suisse témoigne d’une forte volonté d’indépendance et de défense», constate Alexandre Vautravers, rédacteur en chef de la Revue militaire suisse, chercheur à l’Université d’Oxford et professeur de relations internationales à l’Université Webster.

Selon son constat, l’armée base sa communication sur la promotion de la paix, l’aide aux populations et les interventions humanitaires. On est donc à cent lieues de la crise ukrainienne alors que «la mission première d’une armée reste la défense d’un territoire et la protection de sa population», rappelle le spécialiste.

«Préserver sa vie»

Pour l’historien Hans-Ulrich Jost, coauteur de la «Nouvelle histoire de la Suisse et des Suisses», le système de milice explique l’engagement des citoyens soldats par rapport à leurs voisins européens: «Les pays qui nous entourent possèdent une armée professionnelle. Les citoyens y contribuent en payant leurs impôts.»

Selon cet esprit critique, on ne mobilise plus des soldats par millions, mais on engage du matériel sophistiqué. «On ne va plus au front avec son fusil: on entre dans un container devant un écran d’ordinateur», affirme l’historien.

S’engager la fleur au fusil, c’est pour Hans-Ulrich Jost «une vision transcendantale qui relève du fantasme». Diverses populations se déclarent prêtes à mourir pour des idées, mais «de manière rhétorique», selon l’historien.

Et si les Suisses ne sont «que» 39% à vouloir défendre leur patrie par les armes, c’est, selon Hans-Ulrich Jost, parce qu’«ils n’ont plus de relation personnelle avec les horreurs de la guerre, pas même au travers du récit d’un grand-père». Ses 1600 jours de service militaire ont montré à cet historien que «le premier souci du soldat, c’est de préserver sa vie pour aider sa famille».

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