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AttachementLes Suisses refusent de défricher les forêts

Un sondage publié vendredi indique qu'une large majorité des Suisses soutiennent l'interdiction de défricher les forêts. L'étude révèle également les méconnaissances des sondés sur le rôle crucial des forêts dans notre écosystème.

Le sondage a aussi révélé les lacunes de la population à l'égard des forêts suisses. Peu d'entre eux savent qu'elles sont par exemple en augmentation.

Le sondage a aussi révélé les lacunes de la population à l'égard des forêts suisses. Peu d'entre eux savent qu'elles sont par exemple en augmentation.

Keystone

La volonté du Parlement d'assouplir les conditions pour les coupes de bois dans les forêts n'est peut-être pas du goût de la population. Selon un sondage de 2010 publié vendredi, près de 85% des Suisses sont favorables au maintien de l'interdiction de défricher.

Moins de 12% préconisent un assouplissement. Concernant les compensations au défrichement, 75% des sondés estiment qu'il faut replanter des arbres sur une surface identique et dans la même région, 20% misent plutôt sur des mesures visant à protéger la nature et le paysage, et seuls 4% ne jugent pas nécessaire d'agir, selon l'enquête WaMos 2 dévoilée par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Ce sondage, qui suit une première enquête datant de 1997, révèle que la population aime les forêts, notamment celles à clairières mélangeant feuillus et résineux, ou disposant de ruisseaux et d'étangs. Plus de 40% des sondés se rendent une ou deux fois par semaine dans le bois. En premier lieu pour se promener, faire du sport, se détendre ou observer la nature.

Entre bouledogues et VTT

La cohabitation n'est pas toujours facile: 27% des personnes interrogées sont importunées dans leur balade par les vététistes et les détenteurs de chiens. Il faut s'attaquer à ces conflits d'intérêts toujours plus nombreux, affirme l'OFEV. Et de noter qu'un modèle testé avec succès en de nombreux endroits consiste à répartir l'espace, par exemple avec des parcours spéciaux pour les VTT.

Selon le sous-directeur de l'OFEV Andreas Götz, la politique forestière de la Confédération est largement étayée par l'enquête WaMos. Il constate néanmoins un besoin de davantage informer le public sur plusieurs sujets. Ainsi 75% des sondés estiment que la surface boisée est juste suffisante et 28% ne savent pas qu'elle augmente.

Eau potable

Trois quarts des Suisses jugent la forêt en bonne santé - finies les «80's» et la mort des forêts. Mais les surfaces boisées restent menacées par les apports d'azote, l'apparition de nouveaux organismes nuisibles et les incendies.

80% des sondés savent que la forêt protège des avalanches, mais ils ne sont que 8% à savoir qu'elle protège aussi l'eau potable. Et si les souches pourries dérangent, elles permettent la vie.

Nécessité d'informer aussi pour expliquer qu'il faut augmenter la quantité de bois exploité, en priorité dans les forêts de montagnes et privées. Seuls 22% des personnes interrogées sont favorables à une exploitation plus intensive et 10% jugent qu'on abat trop d'arbres.

(ats)

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