Publié

Votations fédéralesLes Suisses se prononceront sur le financement des armes de guerre

Le texte qui sera voté dimanche 29 novembre prochain propose d’empêcher la Banque centrale et les caisses de retraite de prendre part au financement de nouveaux armements en Suisse.

(image d’illustration)

(image d’illustration)

Keystone

Les Suisses voteront dimanche sur un texte qui vise à interdire à la Banque centrale et aux caisses de retraite de contribuer au financement des fabricants de matériel de guerre par le biais de leurs placements.

En Suisse, la fabrication d’armes nucléaires, biologiques et chimiques ainsi que de mines antipersonnel et armes à sous-munitions est déjà interdite.

Mais dans cette démocratie semi-directe où les citoyens peuvent soumettre un projet de réforme après avoir récolté au moins 100’000 signatures, les partisans de ce texte veulent étendre ces interdictions à tous les autres fabricants de matériel de guerre, qu’il s’agisse de véhicules blindés, systèmes de défense antiaérienne ou composants.

Selon un sondage publié le 18 novembre par 20minutes et le groupe de presse Tamedia, 41% des électeurs sondés comptaient voter en sa faveur, 58% contre, 1% ne se prononçant pas.

Les partisans du oui demandent que les crédits aux entreprises qui les fabriquent soient interdits et à ce que la Banque nationale suisse (BNS) et les caisses de retraite n’aient plus le droit de détenir des actions ou fonds investis dans ce type d’entreprises.

Si la Suisse ne participe pas à des conflits armés, sa place financière contribue, elle, au financement de fabricants de matériel du guerre, font-il valoir, estimant que ces placements sont «incompatibles avec la neutralité» du pays. Leur campagne s’organise autour d’affiches montrant un char en origami fabriqué à partir de billets de 100 francs.

Lancée par une association antimilitariste appelée Groupe pour une Suisse sans armée et par les jeunes Verts, la campagne s’est fait remarquer par une de ses militantes: une grand-mère qui à 86 ans s’était fait pincer par la police à Berne en train de taguer un slogan sur les murs du chantier protégeant la Banque centrale pendant ses travaux de rénovation.

Le Parlement et le Conseil fédéral ont cependant recommandé de rejeter cette initiative, jugeant sa définition trop restrictive. Sont considérées comme productrices de matériel de guerre les entreprises qui réalisent plus de 5% de leur chiffre d’affaires dans l’armement, à l’exception «des équipements de déminage humanitaire», des «armes de chasse et de sport» et de leurs munitions.

À cette aune, il ne sera plus possible d’investir dans des entreprises connues surtout pour leurs activités dans l’aviation civile, telles que Boeing ou Airbus. Le groupe britannique Rolls Royce, par exemple, fabrique des réacteurs d’avions, mais réalise environ 20% de son chiffre d’affaires dans la défense, et se trouverait donc exclu des possibilités de placements, a illustré le gouvernement dans les documents détaillant les enjeux du vote.

«L’initiative ne rendra pas le monde plus pacifique», a argumenté le Conseil fédéral, soulignant que la part de marché de la Suisse au niveau mondial dans les exportations de matériel de guerre se limite à près de 1%.

Mais elle risque d’avoir des «conséquences économiques» pour la Suisse, a ajouté le gouvernement, en particulier dans «la prévoyance vieillesse» avec la limitation des possibilités d’investissement pour les caisses de pension.

(ATS/NXP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!