Soif: Les suisses se ruent sur la bière
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SoifLes suisses se ruent sur la bière

Les températures exceptionnelles de cet été font le bonheur des distributeurs de bière. Au détriment des petites brasseries, qui voient leurs ventes diminuer.

par
Fabien Darvey
Les consommateurs cherchent des bières légères en goût. Au point de consommer de préférence des bières pression, au détriment des bières en bouteilles.

Les consommateurs cherchent des bières légères en goût. Au point de consommer de préférence des bières pression, au détriment des bières en bouteilles.

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L’industrie de la bière est au beau fixe! Alors que la canicule assomme les travailleurs, les grands distributeurs se frottent les mains et voient leurs chiffres prendre l’ascenseur.

Malgré des ventes en légère baisse depuis le début de l’année, les distributeurs profitent d’un mois de juillet très favorable. «On connaît une augmentation des ventes de plus de 30% par rapport à la même période de l’an passé», se réjouit Andreas Schmid, porte-parole de Feldschlösschen, numéro un de la bière en Suisse.

Un constat partagé par Yan Amstein, directeur de l’entreprise familiale du même nom à Vevey. «Les affaires se passent merveilleusement bien. Sur les bières blondes, blanches ou aromatisées, nos ventes sont simplement passées du simple au double. C’est un moment assez exceptionnel pour nous, même si les périodes de canicule ont aussi du mauvais.» En cause, la baisse de consommation des bières spéciales.

Le goût prime sur l’alcool

Au-delà de la teneur en alcool, c’est bien le côté gustatif qui influence les habitudes de consommation. Les consommateurs cherchent des bières légères en goût. Au point de consommer de préférence des bières pression, au détriment des bières en bouteilles.

«La grande tendance, cet été, c’est les machines à pression, analyse Nathalie Droz, de la Brasserie des Murailles, à Genève. Le plus souvent, ce sont des bières blondes ou blanches, qui sont plus légères.»

Petites brasseries à la peine

Une tendance que David Lador, de la Mise en Bière, à Lausanne, explique par la recrudescence actuelle des lagers ou des pilsners qui caractérisent la grande distribution. «Ce sont des bières plus houblonnées et donc plus amères qui sont plus rafraîchissantes. Et, vu que le taux d’alcool est plus bas, les gens peuvent en boire plus.»

Mais, si les grandes industries arrivent à tirer leur épingle du jeu, les petites brasseries, elles, tirent la langue. La raison? Un processus de fabrication différent et des bières souvent plus lourdes, plus riches et donc moins désaltérantes. «Nos ventes sont stables même avec ces températures, avoue David Paraskevopoulos, de la brasserie artisanale Dr Gab’s, à Lausanne. En été, on voit même une légère baisse car les gens se tournent vers des blondes industrielles qui sont beaucoup moins riches. En plus, avec cette chaleur, les gens préfèrent sortir boire une bière sur une terrasse plutôt que de rester enfermés à la maison.»

Reste que, si la bière connaît un véritable essor, elle ne se classe que troisième des boissons les plus consommées actuellement, derrière l’eau et les minérales.

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