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OtagesLes Suisses sont des cibles de choix

Deux ressortissants suisses sont toujours détenus par des groupes armés, au Yémen et aux Philippines. Le nombre de kidnappés augmente et les Affaires étrangères se dotent d’une hotline.

par
Benjamin Pillard
Une vidéo postée mardi sur YouTube montre l’otage suisse Sylvia E., enlevée le 13 mars au Yémen.

Une vidéo postée mardi sur YouTube montre l’otage suisse Sylvia E., enlevée le 13 mars au Yémen.

«Je demande à l’ambassade de Suisse et au gouvernement helvétique de faire le nécessaire (…) pour me libérer.» Ce sont les mots de l’otage suisse Sylvia E., enseignante de 32?ans établie au Yémen, dans une vidéo publiée mardi sur YouTube, aux mains de terroristes d’Al-Qaida depuis le 13 mars.

Ce cas tragique illustre un phénomène toujours plus fréquent. «Le nombre de prises d’otages augmente, et ça va continuer, car de plus en plus de pays sont en situation instable», analyse Jean-Marc Crevoisier, chef de la communication au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). «Les Suisses sont aussi toujours plus nombreux à voyager.» Berne enregistre à ce jour 16 millions de séjours à l’étranger par an.

Hasard de calendrier, mardi était aussi le jour choisi par le DFAE pour étendre les horaires de sa centrale d’assistance téléphonique, désormais joignable 24?h sur 24. «Nous nous sommes rendu compte qu’il y a un réel besoin d’information», commente Jean-Marc Crevoisier.

«Les Suisses ne se font pas davantage enlever que le reste des Occidentaux», précise le Pr?Ricardo Bocco, de l’Institut des hautes études internationales et du développement, à Genève. «La prise d’otages est une collecte de fonds, poursuit le spécialiste. Quoi que les gouvernements en disent, des rançons ont été payées. Si un groupe terroriste a besoin de s’armer, il lui faut du cash.»

Pour faire taire tout soupçon sur le paiement de rançons par la Confédération, Didier Burkhalter a annoncé le mois dernier vouloir inscrire ce principe dans une loi. Et obliger les touristes inconscients à participer à leurs frais de rapatriement.?

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