Actualisé 18.06.2020 à 06:44

Référendum«Les Suisses sont très attachés à leur Service civil»

La conseillère aux Etats genevoise Lisa Mazzone promet un référendum gagnant à ceux qui veulent restreindre l'accès au Service civil. A moins que le National y renonce au vote final ce vendredi.

par
lematin.ch
Pour Lisa Mazzone (Verts/GE):«Si les recrues ou les soldats quittent l'armée pour le Service civil, c'est l'armée qu'il faut remettre en question, mais pas le Service civil qui fonctionne bien.»

Pour Lisa Mazzone (Verts/GE):«Si les recrues ou les soldats quittent l'armée pour le Service civil, c'est l'armée qu'il faut remettre en question, mais pas le Service civil qui fonctionne bien.»

Anthony Anex, Keystone

Elle siège depuis six mois à la Chambre des cantons et elle semble être en manque d'action. Lisa Mazzone (Verts/GE) est également co-présidente de l'Association suisse pour le service civil (CIVIVA), créée en 2010 pour soutenir les démarches des citoyens qui choisissent la voie du Service civil plutôt que l'armée.

Ils quittent l'armée...

Après l'introduction de la« preuve par l'acte» en 2008, le Service civil a attiré des milliers de citoyens soldats. En 2011, il étaient 4600 et en 2019, 6200. Durant ces années, la part des citoyens soldats qui ont demandé à rejoindre le service après avoir commencé l'armée a régulièrement dépassé les 50% (une bonne partie après avoir effectué l'école de recrue, d'autre en cours). Pour Lisa Mazzone, le constat est clair: «Si les recrues ou les soldats quittent l'armée pour le Service civil, c'est l'armée qu'il faut remettre en question, mais pas le Service civil qui fonctionne bien.»

Eévolution des effectifs du Service civil

Depuis 2008, et l'introduction de «la preuve par l'acte», le Service civil a connu un succès certain, que l'armée voit aujourd'hui d'un mauvais oeil.

Depuis 2008, et l'introduction de «la preuve par l'acte», le Service civil a connu un succès certain, que l'armée voit aujourd'hui d'un mauvais oeil.

Evolution démographique favorable

En toile de fond cette réforme, la Genevoise estime que l'appréciation du Conseil fédéral est biaisée à la base: «Le Conseil fédéral justifie ces mesures, estimant que les effectifs de l'armée sont en danger. Sa formule est qu'«il n'exclut pas que l'effectif réglementaire de l'armée soir menacé à moyen terme...» C'est plutôt vague... En réalité, tous les scénarios de l'évolution démographique en Suisse montre qu'il y aura toujours plus de jeunes pour étoffer l'effectif de l'armée.»

Dernier espoir de refus...

Cependant, l'armée a fait du Service civil sa cible. Elle a suffisamment de relais au Parlement pour convaincre la droite de durcir les règles qui permettent de le rejoindre, surtout après avoir commencé l'armée. Vendredi les deux Chambres procèderont au vote final. Lisa Mazzone garde encore un petit espoir que le Conseil national change son fusil d'épaule: «Au vote d'entrée en matière, cette réforme est passée avec seulement 4 voix d'avance (97 à 93 et 6 abstentions, ndr.). Il suffirait de pas grand chose, notamment dans le groupe du Centre, pour que ce projet soit enterré»

Un service très implanté en Suisse

Sinon, tout le monde est prêt pour le référendum, la CIVICA et les Verts en pointe. Lors que l'on parle de lancer cette opération pour une question qui reste tout de même marginale dans le quotidien des gens, le regard de Lisa Mazzone s'illumine: «Pas du tout! Le Service civil est aujourd'hui très implanté en Suisse, il rend d'innombrables services dans des institutions, des homes, des établissements, il est très présent dans les villes. Je suis persuadé que les Suisses sont très attachés à cette formule et qu'ils la soutiendront le moment venu.»

Eric Felley

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!