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ChineLes survivants du séisme condamnés à vivre dans la rue

Sous une pluie battante mardi, des dizaines de milliers de survivants du tremblement de terre qui a ravagé une région du sud-ouest de la Chine n'ont plus que la rue ou des abris de fortune pour s'abriter, et aucune idée de quoi leur avenir sera fait.

Les survivants sont condamnés à vivre dans des abris de fortune. (23 avril 2013)

Les survivants sont condamnés à vivre dans des abris de fortune. (23 avril 2013)

Keystone

Le dernier bilan de la secousse de magnitude 6,6 s'établissait en soirée à au moins 193 morts, 25 disparus et plus de 12'000 blessés, selon le ministère chinois des Affaires civiles.

Quant aux volontaires accourus par milliers de toute la Chine pour aider, ils en ont été dissuadés par les autorités, leur afflux ce week-end s'étant avéré plus un fardeau qu'une aide, en raison notamment des embouteillages qu'ils ont provoqués, entravant les secours.

Au cœur de la partie la plus ravagée de la petite ville de Lushan, la rue Chonglu, l'artère centrale, a vu s'ériger des centaines de tentes devant les monceaux de gravats des maisons écroulées des riverains.

Les sans-abri se comptent par dizaines de milliers dans les districts de Lushan et de Baoxing et un vaste programme de relogement va devoir être lancé.

De nombreux déplacés sont venus chercher un emplacement relativement sûr dans le centre ville de Lushan. Ils y passent la nuit dans des sacs de couchage sur les pelouses qui entourent l'Hôpital du Peuple.

D'autres sont restés devant les ruines de leurs maisons et dorment dans des tentes qu'ils ont eux-mêmes dressées avec des bouts de bois et de la toile, ou dans celles, bleu vif, fournies par les organismes d'aide.

Assise devant un tas de gravas dans le bourg de Longmen, une femme âgée, à qui l'on demandait où elle allait dormir, montre du doigt une couverture sale posée à même le sol, sous une toile reliée à un piquet de bois et deux arbres.

Nombreux volontaires

«Personne ne m'a proposé d'autre endroit pour dormir», explique-t-elle. «Est-ce que j'ai le choix ?» Non loin d'elle, Ye Helian se plaint de l'indigence de l'aide gouvernementale alors qu'elle est elle aussi sans abri.

«J'avais un atelier de couture dans le quartier, je travaillais à domicile, et je n'ai plus aucune ressource», a-t-elle expliqué.

D'autres s'estiment heureux d'avoir survécu avec leurs proches. «Là-bas c'est ma maison, la plus endommagée», pointe Wu Yao, un homme âgé de 38 ans dont le petit immeuble de deux étages s'est écroulé. «Je l'ai échappé belle».

Les secours continuent à affluer dans la région, ainsi que de trop nombreux volontaires. A Baoxing, un responsable officiel leur a demandé de ne pas venir, a rapporté mardi le quotidien Global Times.

«Il y a des limites au nombre de volontaires que nous pouvons recevoir», selon ce responsable, Han Bing, qui précise qu'il y en a plus de 3000 rien que dans son district.

Badauds nuisibles

Pour L'Observateur économique, un hebdomadaire chinois, les efforts des secouristes sont entravés par «le nombre des badauds qui aiment à se qualifier de volontaires, malgré le fait qu'ils font souvent plus de mal que de bien».

Cet afflux est aussi la conséquence d'une très intense couverture médiatique depuis samedi de la part de la presse chinoise, et des comparaisons faites avec le grand séisme du Sichuan en 2008, situé sur la même faille sismique et qui avait fait quelque 90'000 morts et disparus.

Malgré ces difficultés, l'aide commence à s'organiser. Pour Francis Markus, porte-parole pour l'Asie orientale de la Fédération internationale de la croix rouge et du croissant rouge, le drame a révélé «des besoins particulièrement importants et une forte mobilisation pour se donner les moyens et l'expertise permettant de répondre à ces catastrophes».

(AFP)

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