28.10.2020 à 04:21

ElectionsLes Tanzaniens aux urnes, des irrégularités dénoncées

Plus de 29 millions de Tanzaniens sont appelés aux urnes mercredi. Le chef de l’État sortant John Magufuli est en lice pour obtenir un second mandat.

John Magufuli lors d’un meeting à Dodoma, en Tanzanie, le 29 août 2020.

John Magufuli lors d’un meeting à Dodoma, en Tanzanie, le 29 août 2020.

AFP

Des «irrégularités de grande ampleur» menacent «l’intégrité du scrutin» en cours mercredi en Tanzanie, a dénoncé mercredi Tundu Lissu, principal adversaire du président tanzanien sortant John Magufuli à la présidentielle.

«Des informations concernant le vote font état d’irrégularités de grande ampleur», affirme Tundu Lissu sur son compte Twitter, citant le refus de laisser des observateurs entrer dans les bureaux de vote et la découverte d’urnes remplies, notamment à Dar es Salaam.

«Si cela continue, une action démocratique de masse sera la seule option pour protéger l’intégrité de l’élection», prévient Tundu Lissu.

Inquiétudes

Plus de 29 millions d’électeurs inscrits en Tanzanie continentale et 556’000 sur l’archipel semi-autonome de Zanzibar, qui constituent ensemble la République unie de Tanzanie (environ 58 millions d’habitants), élisent mercredi leur président et leurs députés.

L’opposition et plusieurs observateurs s’inquiètent de ce que le scrutin ne soit pas équitable, soulignant le fait que plusieurs membres de la commission électorale ont été nommés par le chef de l’État lui-même.

Surnommé le «bulldozer» (tingatinga en kiswahili), John Magufuli, 60 ans, issu comme tous ses prédécesseurs, du parti CCM au pouvoir depuis l’indépendance du pays, brigue un second mandat à la tête de la Tanzanie. Son premier mandat a été marqué par un recul très net des libertés individuelles et des droits humains dans le pays, selon de nombreuses organisations de droits de l’Homme.

Violences électorales fréquentes

Le scrutin présidentiel, où concourent 15 candidats, devrait se résumer à un duel avec Tundu Lissu, avocat de 52 ans, récemment rentré en Tanzanie, après avoir réchappé en 2017 à une tentative d’assassinat – politique selon lui – qui a nécessité trois ans de soins et de convalescence à l’étranger.

Sur l’archipel semi-autonome de Zanzibar, régulièrement théâtre de violences électorales et où les électeurs votent non seulement pour le scrutin national mais également pour désigner le président et les parlementaires de l’archipel, la situation s’est nettement tendue mardi.

Le candidat de l’opposition à la présidence de l’archipel Seif Sharif Hamad a accusé les forces de sécurité d’y avoir tué 10 personnes, ce que la police dément.

(AFP/NXP)

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