10.04.2013 à 14:48

Commerce mondialLes taux de croissance sont largement inférieurs à la moyenne

Les taux de croissance du commerce des marchandises de 2% pour 2012 et 3,3% prévu pour 2013 sont inférieurs à la moyenne de 5,3% des 20 dernières années, a précisé l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

«La croissance de la production dans l'Union européenne n'augmentera pas sensiblement en 2014 et 2015», a estimé Pascal Lamy, directeur de l'Organisation mondiale du commerce.

«La croissance de la production dans l'Union européenne n'augmentera pas sensiblement en 2014 et 2015», a estimé Pascal Lamy, directeur de l'Organisation mondiale du commerce.

Keystone

Le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'attend à ce que l'année 2013 ressemble à 2012. «Le poids de l'Union européenne dans le commerce mondial est déterminant et elle se trouve dans une phase d'ajustement structurel profonde et à long terme», a expliqué Pascal Lamy.

Le commerce mondial restera «atone» en 2013 à cause de la faiblesse de la demande en Europe. L'amélioration des perspectives économiques aux Etats-Unis ne devrait que partiellement la compenser.

«Les tentatives des économies développées pour trouver un équilibre entre la croissance à court terme et des contraintes budgétaires de plus en plus lourdes ont donné des résultats mitigés à ce jour. Il s'est avéré difficile de trouver le bon dosage des politiques», a affirmé le patron de l'OMC.

Risques baissiers

En septembre, l'OMC avait prévu une croissance du commerce mondial de 2,5% pour 2012 (déjà en baisse par rapport à la prévision faite il y a un an de 3,7%). «Le ralentissement a été plus fort que prévu à la fin de l'année et les risques sont nettement baissiers», a indiqué Pascal Lamy.

Le chiffre de 3,3% prévu pour 2013 est aussi inférieur aux prévisions antérieures de l'OMC. Il y a un an, l'OMC avait tablé sur une hausse de 5,6% pour 2013, une prévision déjà révisée à la baisse en septembre à 4,5%.

«La croissance de la production dans l'Union européenne n'augmentera pas sensiblement en 2014 et 2015», a estimé Pascal Lamy, en soulignant le découplage durable entre la croissance des pays industrialisés et celle des pays émergents.

L'an dernier, les exportations des pays industrialisés (la moitié du PIB mondial) ont augmenté de 1% et celles des pays en développement (l'autre moitié) de 3,3%. Les importations des pays industrialisés ont diminué de 0,1%, alors que celles des pays en développement ont augmenté de 4,6%.

Différences régionales

Les taux de croissance du commerce des marchandises de 2% pour 2012 et 3,3% pour 2013 sont inférieurs à la moyenne de 5,3% des 20 dernières années (1992-2012), a précisé l'OMC. Ils sont largement inférieurs au taux moyen d'avant la crise de 2008, soit 6% par an.

Par région, l'Afrique a enregistré en 2012 la plus forte croissance des exportations, soit 6,1%. Elle a été suivie par l'Amérique du Nord, dont les exportations ont augmenté de 4,5% grâce à une progression de 4,1% aux Etats-Unis.

L'Asie n'a augmenté ses exportations en 2012 que de 2,8%. Si les exportations de la Chine ont progressé de 6,2%, les exportations de l'Inde ont diminué de 0,5% et celles du Japon de 1%.

La hausse a été de 1,6% pour la CEI (Communauté d'Etats indépendants), de 1,4% pour l'Amérique latine, de 1,2% pour le Moyen-Orient. L'Europe a été la région où la croissance des exportations a été la plus faible (0,6%). Les 27 de l'UE ont enregistré une hausse encore plus lente, limitée à 0,3%.

Stabilité en valeur

En valeur, les exportations mondiales de marchandises en 2012 sont restées relativement stables ( 0,2%) pour s'établir à 18'300 milliards de dollars. La croissance plus faible de la valeur en dollars du commerce mondial par rapport à son volume s'explique par la baisse des prix des marchandises échangées.

Les plus fortes baisses de prix ont été enregistrées notamment pour les produits de base comme le café (-22%), le coton (-42%), le minerai de fer (-23%) et le charbon (-21%). La valeur des exportations mondiales de services a augmenté de 2% en 2012, passant à 4300 milliards de dollars.

L'OMC estime par ailleurs que «la menace du protectionnisme est peut-être plus présente aujourd'hui qu'à n'importe quel autre moment depuis le début de la crise». Pascal Lamy a souligné le risque de «frictions commerciales», tout en écartant le risque d'une «guerre commerciale».

Le patron de l'OMC, qui quitte ses fonctions fin août, a appelé au renforcement du système multilatéral pour relancer la croissance mondiale. La conclusion d'un accord à la conférence de l'OMC à Bali, en décembre, en particulier sur la facilitation du commerce, serait une contribution importante.

(ats/afp)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!