Actualisé

DIPLOMATIELes tensions à leur comble pour l'ouverture du G20

Alors que les leaders des pays les plus puissants du monde se réunissent à Brisbane, les réflexions risquent d'être éclipsées par les tensions diplomatiques.

Ci-dessus, la une du Courrier Mail: «Cher M. Poutine, nous vous remercions de visiter Brisbane pour le G20. Mais avant que commence le sommet, il y a un mot que le peuple australien veut entendre: Pardon.»

Ci-dessus, la une du Courrier Mail: «Cher M. Poutine, nous vous remercions de visiter Brisbane pour le G20. Mais avant que commence le sommet, il y a un mot que le peuple australien veut entendre: Pardon.»

Keystone

Les leaders des pays les plus puissants du monde commencent leurs réunions samedi 15 novembre à Brisbane au sommet du G20, les réflexions sur l'économie mondiale risquant d'être éclipsées par les rodomontades diplomatiques entre la Russie et l'Occident.

Vendredi, en amont du sommet qui dure jusqu'à dimanche, la Grande-Bretagne et l'Australie ont préparé un accueil saignant à Vladimir Poutine.

Le tabloid australien Courrier Mail résumait la situation en placardant en Une un ours arborant la médaille soviétique de l'ordre de la guerre patriotique affrontant un kangourou boxeur.

Restaurer «la gloire perdue du tsarisme»

Le Premier ministre australien Tony Abbott a accusé Vladimir Poutine de vouloir restaurer «la gloire perdue du tsarisme ou de l'Union soviétique», alors que David Cameron a stigmatisé une Russie qui agresse des pays plus petits qu'elle, en l'occurence l'Ukraine.

L'Otan a confirmé cette semaine les affirmations de Kiev accusant la Russie d'avoir déployé des troupes et équipements militaires russes dans l'est de l'Ukraine contrôlé par des rebelles prorusses, ce que Moscou a farouchement nié.

L'OSCE accusée d'aider uniquement Kiev

Et la Russie a accusé vendredi les observateurs de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) déployés en Ukraine de soutenir de facto les autorités de Kiev. Selon le ministère russe des Affaires étrangères, «on a l'impression que tous ses efforts ne visent qu'à apporter de l'aide et du soutien à une seule partie du conflit, les autorités officielles de Kiev».

C'est dans cette ambiance délétère que les principaux protagonistes sont arrivés à Brisbane, ville de l'est de l'Australie dont le coeur au bord de la Brisbane River est transformé en camp retranché survolé d'hélicoptères: Vladimir Poutine vendredi soir, Barack Obama samedi au petit jour, François Hollande peu après lui.

Le Mistral français empoisonne les relations

La France joue aussi un rôle dans cette empoignade puisque Moscou lui a adressé un ultimatum, lui donnant 15 jours pour livrer le navire militaire Mistral commandé par la Russie à la France, et qui empoisonne les relations des deux pays.

Vendredi soir, le Premier ministre français Manuel Valls a affirmé que son pays prenait ses décisions de manière souveraine, «sans que quiconque ne lui dicte sa conduite de l'extérieur».

François Hollande et Vladimir Poutine doivent se rencontrer en tête à tête samedi à 10 heures, heure suisse.

L'Ukraine reste la «préoccupation majeure»

Samedi matin, le président de l'UE, Herman Van Rompuy, a déclaré à la presse que la situation en Ukraine restait un sujet de «préoccupation majeure».

Les chefs d'Etat et de gouvernement se sont réunis samedi dans la matinée, aux alentours de 00h30 GMT, pour une réunion privée. Ils déjeuneront ensuite autour d'un barbecue.

La traditionnelle photo de famille aura lieu vers 7 heures et le dîner protocolaire se tiendra dans la Queensland Art Gallery.

Obama en faveur de la lutte contre le changement climatique

Parmi les autres sujets importants, le président Barack Obama va annoncer dans un discours que son pays va donner trois milliards de dollars au fonds vert de l'ONU destiné à aider les pays à lutter contre les conséquences du changement climatique.

Le président américain multiplie les annonces sur les dossiers environnementaux, quelques jours après un accord remarqué avec la Chine pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

L'inclusion des problèmes climatiques dans le communiqué final du G20 dimanche n'est pas poussée par le pays hôte, l'Australie, réticente sur ce sujet car elle préfère se concentrer sur les thématiques de croissance du PIB mondial, d'infrastructures, d'énergie et de lutte contre l'optimisation et l'évasion fiscales.

Juncker confronté aux révélations du «Luxleaks»

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a été soumis à un feu nourri de questions sur sa légitimité après les récentes révélations du «Luxleaks» sur les pratiques fiscales du Luxembourg - dont M. Juncker a été Premier ministre - qui permettaient à plusieurs grandes entreprises de bénéficier de traitements fiscaux avantageux au détriment d'autres pays.

«Je pense véritablement que nous devons tous lutter contre l'évasion fiscale au niveau international», a répondu M. Juncker alors que l'Australie a promis des mesures très fortes sur ce dossier.

Normalement, le G20 devrait mentionner l'échange automatique de données bancaires entre pays, qui est en train de se mettre rapidement en place sous l'impulsion de l'OCDE, et endosser un premier train de mesures, également proposées par l'OCDE, pour lutter contre les pratiques d'optimisation fiscales des entreprises.

(AFP)

Ton opinion