12.02.2013 à 14:36

TunnelLes Tessinois veulent mobiliser les Vaudois contre le Gothard

Après Neuchâtel et Fribourg, les opposants tessinois au deuxième tube du tunnel routier du Gothard ont invité les députés vaudois à écouter leurs revendications.

La grande majorité des Tessinois ne veut pas un deuxième tube au Gothard, selon les opposants.

La grande majorité des Tessinois ne veut pas un deuxième tube au Gothard, selon les opposants.

Keystone

Les opposants tessinois au deuxième tube au Gothard veulent mobiliser au-delà de leur canton. Après Neuchâtel et Fribourg, ils ont invité mardi les députés vaudois à écouter leur message: le Tessin n’est pas isolé et l’argent doit être investi dans d’autres projets plus respectueux de l’environnement et de la santé.

«La grande majorité des Tessinois ne veut pas d'un deuxième tube au Gothard, il y a des solutions alternatives», a expliqué Carlo Lepori, député socialiste tessinois et membre du Comité de l’Initiative des Alpes. Après Lausanne, les opposants vont se rendre à Sion, Genève et Delémont, puis en Suisse alémanique afin de sensibiliser la population et les élus.

Augmentation du trafic

Avec sa décision de construire un deuxième tube au Gothard tout en maintenant une voie de trafic dans chaque sens, le Conseil fédéral fait «fausse route», estime la coalition tessinoise formée de 18 associations. «On n’y croit pas»: l’existence d’un deuxième tunnel «va sûrement signifier une augmentation» des capacités, estime Carlo Lepori.

La pétition lancée il y a plus d’un mois contre le projet a déjà récolté quelque 20’000 signatures, selon le député. Alors que la période de consultation officielle s’achèvera le 21 avril, la coalition veut réussir une consultation «populaire».

Risque de pollution accrue

Outre le non-respect des promesses liées à l’Initiative des Alpes, le deuxième tube va engendrer des problèmes de pollution, alors que les normes sur l’ozone et les particules fines sont souvent dépassées au Tessin. Les milliards de francs prévus dans la construction doivent servir à résoudre les vrais problèmes de trafic, dans les agglomérations en particulier.

«On n’est pas isolé, au Tessin», a martelé Carlo Lepori en rappelant l’importance des liaisons ferroviaires qui pourraient encore être densifiées. Les Verts vaudois ont déposé pour leur part une interpellation au Grand Conseil. Ils demandent notamment si le gouvernement est prêt à rejeter la construction d’un deuxième tube et s’il pense aussi que le projet amoindrira les chances de bénéficier d’un cofinancement de la Confédération pour les projets vaudois.

Enjeux nationaux

Le président du Grand Conseil vaudois, le Vert Philippe Martinet, a salué «le beau succès» de la coalition qui a réussi à réunir autour d’un buffet des députés de tous les bords politiques pour entendre ses arguments. La gare de Lausanne a bénéficié récemment de décisions «favorables» en matière de politique des transports, a relevé le responsable. Il est donc très important d’avoir «une bonne compréhension des enjeux» en Suisse latine comme alémanique.

Le Conseil fédéral a proposé en juin de creuser un deuxième tunnel et ensuite d’assainir l’ancien tube. Les coûts se monteraient à 2,8 milliards de francs. La seconde voie dans les tunnels ne servirait que de bande d’arrêt d’urgence. Selon Berne, la sécurité serait ainsi assurée sans que la capacité de trafic alpin ne soit augmentée.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!