Coronavirus en Suisse - Les tests négatifs pourraient ne plus donner droit au Certificat Covid
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Coronavirus en SuisseLes tests négatifs pourraient ne plus donner droit au Certificat Covid

Quand le nombre de cas augmente, l’efficacité du pass sanitaire diminue. La task force donne des pistes pour rendre le document plus fiable, afin d’éviter des contaminations.

par
Yannick Weber
Le document pourrait devenir un «certificat d’immunité» pour gagner en efficacité.

Le document pourrait devenir un «certificat d’immunité» pour gagner en efficacité.

20min/Taddeo Cerletti

L’été a beau être plutôt calme avec peu de décès et d’hospitalisations, certains signes ne trompent pas: la situation se dégrade, a constaté mardi, l’OFSP, lors de sa conférence de presse. «Les cas doublent chaque semaine. La barre des 1000 contaminations par jour sera atteinte au plus tard en début de la prochaine semaine», a dit Patrick Mathys, chef de la section Gestion de crise.

Problème des «faux négatifs»

Une augmentation des cas sans augmentation des hospitalisations… pas de problème, donc? Non, estiment les scientifiques, particulièrement quant l’efficacité du pass sanitaire, qui peut être obtenu grâce à des tests antigéniques négatifs, dont la sensibilité est imparfaite.

«Plus le nombre de cas dans la population est élevé, plus le risque est grand qu’une personne ait un faux négatif et se rende dans une manifestation puis contamine d’autres personnes testées négatives», a expliqué Samia Hurst, bioéthicienne et vice-présidente de la task force. Des contaminations multiples dans des clubs ont ainsi déjà été répertoriées en Suisse. Et le risque augmentera avec l’augmentation des cas dans la population générale.

Voie française envisagée

Plusieurs solutions existent désormais pour continuer à prévenir des contaminations avec le certificat Covid: il y a la voie française, avec l’extension de son usage à des lieux comme les bars et les restaurants. «C’est une des mesures qui peut être envisagée par le Conseil fédéral», a reconnu Patrick Mathys.

Mais il y a une autre option: exiger un test PCR, plus sensible, pour obtenir un certificat… ou ne plus en délivrer du tout aux personnes testées. Car leur octroyer le pass tout en sachant qu’ils étaient potentiellement contagieux «était un risque connu et a été un choix politique», a résumé Patrick Mathys. Le document pourrait alors devenir un «certificat d’immunité», réservé aux vaccinés et aux guéris.

Planter les graines

«C’est une décision politique», a martelé Samia Hurst. «Ce sera au Conseil fédéral d’en décider», a esquivé Patrick Mathys. Mais les graines sont plantées dans les esprits. Car la situation s’est inversée: au printemps, la vaccination décollait, les cas diminuaient. Désormais, la vaccination décélère, les cas accélèrent. «Le réservoir de personnes non immunes est préoccupant», a constaté Samia Hurst, n’excluant de fait pas «une vague encore plus forte que celle de l’automne 2020».

«Il faut donc profiter de se faire vacciner maintenant», a exhorté Samia Hurst, estimant que si le nombre de personnes immunes ne suffit pas, la nouvelle vague qui débute nous mettra face à un choix: accepter des restrictions, ou accepter une surcharge des hôpitaux.

Quarantaines: statu quo pour les vacances

La liste des pays au retour desquels il faut se mettre en quarantaine n’a plus bougé: seuls le Royaume-Uni, l’Inde et le Népal s’y trouvent, car ils ont été les premiers touchés par le variant Delta. Or, depuis, celui-ci est devenu majoritaire dans la plupart des pays d’Europe, Suisse y compris, et les critères pour placer des pays sur la liste perdent en pertinence. «Il n’est actuellement pas prévu de les réviser ou les modifier», indique pourtant un porte-parole de l’OFSP. Alain Berset avait récemment exclu d’ajouter des pays touchés comme le Portugal ou la Russie sur la liste, le justifiant par le fait que la Suisse allait rejoindre les rangs des pays soumis au variant Delta. Selon toute vraisemblance, les Suisses devraient pouvoir partir en vacances tranquilles et la liste ne devrait plus subir de changements majeurs, ces prochains jours. Actuellement, 1044 personnes sont en quarantaine de retour d’un voyage.

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